‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine [electronic resource]Chapitre 114 sur 267 · MANOMÈTRES A MERCURE · texte numérisé non relu

MANOMÈTRES A MERCURE

mercure, relativement à la pression du sang, c'est la mesure de la valeur moyenne de cette pression. J'ai appelé manomètre compensateur (3, fig. 130) l'instrument qui me sert à ce genre de mesures.

Un manomètre ordinaire, pareil à celui de Guettet, porte une colonne large d'environ 5 millimètres, séparée du flacon à mercure par un tube capillaire assez fin. Cette étroitesse empêche la colonne d'osciller sous l'influence des variations cardiaques delà pression du sang; aussi voit-on le mercure rester sensiblement fixe à un niveau qui exprime la valeur moyenne de la pression dans les artères. On peut, avec avantage, remplacer le tube capillaire par un robinet situé à la base de la colonne manométrique, ainsi que l'a fait Setschenow. Le manomètre ainsi modifié éteint, d'une manière plus ou moins complète à volonté, les saccades de la pression et arrive plus vite à son point d'équilibre.

Dans les cas où l'emploi du manomètre à mercure pourra être conservé, il est un mode d'inscription qui m'a semblé préférable à celui de Ludwig. On sait que le savant professeur de Leipzig se sert d'un flotteur qui accompagne les mouvements du mercure et qui porte à son extrémité une pointe écrivante. Or, l'emploi du flotteur exige qu'on trace les indications du manomètre sur un cylindre tournant dont l'axe soit vertical. C'est là une grande incommodité, surtout lorsqu'il faut inscrire en même temps un certain nombre de phénomènes. Au moyen d'un tambour à levier, on peut inscrire avec une facilité extrême les mouvements de la colonne de mercure. Voici comment on s'y prend:

On appfique le tube de transmission par l'air en haut de la colonne manométrique, de sorte que le déplacement du mercure fait l'office d'un piston qui foulerait ou aspirerait l'air du tube manométrique jusque dans le tambour à levier.

La figure 131 montre un tracé obtenu de cette manière : il est en tout semblable à celui que donnerait le flotteur de Ludwig, mais obtenu dans des conditions plus faciles.

Pour rendre plus sensibles les indications de l'instrument, il faut adopter la forme de Vhémomètre de Guettet qui donne le maximum d'amplitude aux excursions de la colonne de mercure. En outre, il faut choisir un tube large pour' servir de colonne manométrique, afin qu'un changement de niveau d'une certaine hauteur corresponde à un déplacement d'air suffisamment grand*.

1. Toutefois il faut proportionner le volume du tube d'un manomètre à la taille de

Enfin, pour réduire autant que possible l'espace nuisible plein d'air qui [sert à la transmission, on peut remplir d'eau la cavité du tambour à levier qui inscrit les oscillations manométriques.

■^ig. I3i. P. F. Tracé de la pression du sang fourni par un manomètre à mercure et transmis à un tambour à levier. — R. C. Cœur et respiration (lapin).

Ce ne sont là que des moyens de perfectionner l'application du manomètre à mercure; on va voir quel genre d'appareil doit lui être substitué pour obtenir les tracés fidèles d'une pression qui présente de brusques changements.

Des manomètres élastiques.

Dès les premières expériences que je fis avec Chauveau sur la circulation du sang, je fus frappé de l'infidélité du manomètre à mercure, infidélité qui se prouve d'une manière indiscutable par l'expérience suivante :

Élevons à un certain niveau la colonne d'un manomètre à mercure en soufflant dans l'appareil, puis, cessant de souffler, laissons la colonne retomber de son poids. Le mercure ne s'arrêtera pas, comme il devrait le faire, au zéro de la graduation, mais oscillera un certain nombre de fois avant de s'y arrêter. C'est en supprimant cette colonne pesante animée de vitesse qu'on supprimera cet effet nuisible. Or, on peut toujours remplacer la pression d'un poids par la tension d'un corps élastique; c'est ce prin-

l'animal sur lequel on veut expérimenter. Pour une pression donnée, un mànomètre loge dans son intérieur une quantité de sang proportionnelle à la section de sa colonne. De sorte que, prendre la pression artérielle d'un petit animal avec un manomètre de gros calibre, ce serait produire dans l'appareil une véritable hémorrhagie qui ferait tomber beaucoup la valeur de la pression à mesurer. »

MANOMÈTRES ÉLASTIQUES. ii65

cipe qui a présidé à la construction de certains manomètres : le manomètre élastique de Bourdon, le manomètre à air comprimé, etc.

Le premier manomètre élastique dont je me sois servi est l'appareil que j'ai désigné sous le nom de spinjgmoscope et dans le^ quel on fait arriver la pression du sang à l'intérieur d'une poche élastique en caoutchouc dont les différents degrés de dilatation s'inscrivent au moyen du tambour à levier.

Une construction spéciale n'est pas nécessaire pour avoir un bon sphygmoscope; on en trouve les éléments dans tous les laboratoires. La figure 132 montre la façon d'assembler ces différentes pièces.

A gauche de la figure, on voit un tube de verre gros et. court

Fig. 132. Sphygmoscope, ou manomètre élastique à membrane de caoutchouc.

fermé à l'un de ses bouts par un bouchon de caoutchouc percé d'où sort un tube de verre.

Au milieu de la figure est la seconde pièce de l'appareil, formée d'un bouchon de caoutchouc traversé, comme le précédent, par un tube de verre et coiffé d'un doigtier de caoutchouc.

En introduisant la deuxième pièce dans la première, on obtient le sphygmoscope complet, tel qu'il est représenté à droite de la figure.

Après avoir rempli d'une solution alcaline et bien purgé d'air le doigtier de caoutchouc, on adapte à une artère le tube qui se rend dans son intérieur, puis on met en communication avec un tambour à levier l'autre tube qui communique avec l'intérieur du manchon de verre.

La fonction du sphygmoscope est très-simple; chaque augmenlation de pression subie par le sang qui pénètre à l'intérieur de l'ampoule élastique déplace, en gonflant cette ampoule, une partie de l'air contenu dans le manchon de verre qui l'enveloppe. Ce déplacement d'air agit sur le tambour à levier comme cela se passe dans un grand nombre d'appareils déjà décrits. On peut écrire ainsi la pression du sang pendant un temps fort long sans que la coagulation arrive ; on trouvera dans la partie technique l'indication des meilleurs moyens d'empêcher cet accident de se produire.

La figure 133 est un tracé des changements de la pression du

Fig. 133. Tracés des variations de la pressionfjdii sang cliez le cheval, dans la carotide B et dans la faciale F.

sang dans les artères du cheval, recueillis avec le sphygmoscope.

Sur le même principe, nous avons construit des sondes exploratrices de la pression du sang dans les différentes cavités du cœur; ces appareils, qui sont décrits sous le nom de sondes cardiaques dans les comptes rendus des expériences de cardiographie (voir Technique), sont de véritables sphygmoscopes qui, au lieu de présenter l'élasticité de leur membrane à une force expan-' sive intérieure, reçoivent cette pression du dehors, puisqu'elles plongent dans le milieu comprimé.

On peut varier de maintes manières la formé de ces manomètres élastiques, soit qu'on aille chercher par un tube la pression

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