TEMPÉRATURE ANIMALE
égale à réchauffement. C'est à ce moment que nous supposons l'appareil arrêté.
P*" CAS. — La température ambiante varie. — Si elle s'abaisse, tout se refroidit, mais particulièrement la partie exposée au refroidissement en R; inversement si l'air ambiant est moins froid, tout se réchauffe, mais particulièrement la partie située en R.
2e CAS. — La source de chaleur change d'intensité. — Si cette source donne plus de chaleur, tout s'échauffe, mais particulièrement la partie abritée contre le refroidissement. L'effet inverse se produit si la source de chaleur diminue d'intensité.
On voit que, dans ces deux cas, la température centrale, celle de la portion de l'appareil qui est soustraite aux déperditions directes, est cependant variable.
3^ CAS. — On fait varier V ouverture du robinet^ ce qui modifie la vitesse de la circulation du liquide. — Si le robinet est plus ouvert le courant s'accélère, la température centrale baisse, la température superficielle s'élève; une plus grande quantité de chaleur es éliminée en R; en somme, le système pris dans son ensemble a perdu de la chaleur.
Si le robinet est moins ouvert, la circulation se ralentit, la région R se refroidit, mais la région centrale s'échauffe.
Considéré par rapport à la température centrale, le rôle du robinet est le suivant : plus il s'ouvre, plus il jette à l'extérieur de chaleur qui va s'y perdre, ce qui abaisse la température centrale.
Avec le thermomètre sous les yeux, si l'on voulait régler la température centrale, il suffirait de tourner le robinet dans un sens ou dans l'autre. On compenserait ainsi les influences de la température extérieure plus chaude ou plus froide, et celles que tendrait à produire, d'autre part, la source de chaleur, suivant qu'elle serait plus ou moins active.
Or, ce que fait le surveillant, dans l'hypothèse que nous venons d'admettre, l'action des nerfs vasculaires le fait d'une manière automatique chez les animaux. Il semble que le but à atteindre soit la fixité presque absolue de Ja température centrale. Toute influence qui tend à la modifier est combattue par l'action de ce régulateur qui ralentit ou accélère le cours du sang suivant que la température extérieure enlève plus ou moins de chaleur à l'organisme; qui pallie les effets d'une production trop grande ou
trop faible de chaleur en jetant au dehors la chaleur en excès au moyen d'une circulation rapide; en économisant la chaleur par un ralentissement du cours du sang toutes les fois que la production en est faible.
Pour montrer clairement les diverses influences de ces trois facteurs de la température : production, déperdition, régulation, nous les résumérons de la manière suivante :
Si le régulateur ne change pas, les variations dans la perte ou dans la production de chaleur seront de même sens dans tous les points de l'organisme. Si le régulateur change seul, les variations de la température dans le centre et à la surface du corps seront de sens contraire.
Toute influence qui tend à faire varier la température centrale peut être compensée par l'action du régulateur s'exerçant dans un sens ou dans l'autre.
Pour savoir si la température d'un animal varie dans sa production, sa perte ou sa régulation, il faut nécessairement explorer la température en plusieurs points simultanément. La ligure 195
Fig. 195. Double thermomètre inscripteur permettant d'étudier à la fois la température en deux points différents où l'on place les boules B et B.
représente un double thermomètre inscripteur que j'ai fait construire, et dont les boules peu volumineuses peuvent être introduites l'une dans l'oreille, l'autre dans le rectum d'un lapin de moyenne taille. L'inscription simultanée des températures centrale et périphérique montre, suivant que les deux variations