CARTES A PLUSIEURS TEINTES
l'instruction, etc., ont fourni autant de cartes [figuratives construites sur le même principe ^
Fig. 40. Carte statistique du nombre des crimes commis dans les divers arrondissements des Cours royales de France en 1825 1826 et 1827, d'après Balby et Guerry. (Cette carte correspond aus nombre des crimes contre la propriété; les chiffres indiquent pour' combien de mille habitants sest trouvé un condamné.)
La comparaison de plusieurs cartes statistiques donne lieu à •
1. On trouve, dans la Géographie universelle de É. Reclus, t. II, des Cartes exprimant par des teintes locales :
La répartition des habitants en France, p. 844 ;
La récolte du froment dans les différentes réj^^ions, d'après Penon, p. 847 ; La production vinicole, p. 849 ;
La surface des prairies artificielles ou naturelles, p. S-'i] ; Le produit moyen des différentes cultures, la vigne exceptée, d'après Delesse; Le développement de l'instruction primaire, d'après l.evasseur, p. 889; Les langues de France et leur répartition, p. 913.
La plupart de ces cartes sont empruntées aux publications du ministère de l'agriculture et du commerce.
d'utiles observations, témoin cette remarque consolante : que les départements où l'instruction est la plus répandue sont ceux où la criminalité présente ses minima.
Une branche des plus intéressantes de la statistique, est celle qu'on appelle la Géographie médicale ; elle étudie la répartition géographique de certaines maladies ou de certaines infirmités. C'est surtout aux eiTorts des médecins militaires qu'on doit le développement de la Géographie médicale et la construction de cartes nombreuses, dont les unes se rapportent à la hauteur moyenne de la taille % les au tres à la fréquence de certaines infirmités, comme la myopie ^ Ailleurs c'est la mauvaise denture qu'on a considérée % ou bien les hernies*, les varices et le varicocèle^, les teignes*, l'ivrognerie^, etc.
Ces différentes cartes, malgré le grand intérêt qu'elles présentent, ont, à certains égards, grand besoin d'être perfectionnées.
Et d'abord, l'origine même des documents d'après lesquels elles sont dressées donne quelque chose de factice à la répartition des infirmités ou des maladies qui sont représentées sur ces cartes : c'est l'examen des conscrits qui a donné lieu aux rapports médiaux sur lesquels sont basées toutes ces statistiques. Aussi est-ce par départements que ces documents se groupent le plus souvent, sans désignation d'arrondissements, de cantons ou de communes où certaine infirmité sévirait d'une manière plus ou moins intense; de telle sorte qu'on peut imaginer qu'un département portant la teinte d'intensité moyenne renferme réellement, l'une à côté de l'autre, les deux régions extrêmes de fréquence et d'immunité pour une certaine maladie ^
1. Broca, Recherches sur V ethnologie de la France (Mémoires de la Société d'Anthropologie, t. I, p. 1, 1860-63). — G. Lagneau, Répartition géographique de certaines infirmités en Franbe.
2. Boudin, Traité de géographie et de statistique médicales, t. II, p. 589.
3. Boudin, loc. cit., p. 431. — Magitot, Ballet, de la Soc. d'Anthropologie, 2* série, t. II, p. 71.