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RHYTHMES DE LA MARCHE

J'ai cru donner à ces figures une forme plus saisissante en les transformant (fig. 74) en une sorte de notation musicale dans laquelle on aurait réduit la^ portée à deux lignes. Les appuis du pied droit s'inscrivent en blanc sur la ligne inférieure; ceux du pied gauche, situés plus haut, portent des hachures obliques. Dans

Fig. 73. Courbes des appuis des pieds sur le sol : les parties élevées correspondent aux durées des appuis; D, pied droit; G, pied gauche.

l'allure marchée M, les appuis des pieds se succèdent sans intervalle, ce qui exprime que le corps pose constamment sur le sol, soutenu, tantôt par un pied, tantôt par l'autre.

Les expériences sur la course ont donné des tracés dont la notalion C (fig. 74) est différente de celle de la marche : les si-

Fig. 74. Notation des durées des appuis de chaque pied : le droit est en blanc, le gauche teinté de hachures; M, notation de la marche; C, notation de la course.

gnaux des appuis et levés du pied présentent cette particularité, qu'entre les appuis successifs des deux pieds le corps reste un instant suspendu en l'air. Cette distinction des allures marchées et des allures sautées est très-importante et se retrouve chez la plupart des espèces animales. Dans l'acte de monter un escalier, on observe au contraire un empiétement ou chevauchement des appuis l'un sur l'autre, ce qui tient à ce que le pied antérieur est déjà posé sur la marche à monter, quand l'autre pied appuie énergiquement sur la marche précédente pour soulever le poids du corps *. L'acté de monter une rampe très-raide,

\. YoyeZj pour les délailSj la Machine animale^ p. 133.

OU de traîner un fardeau pesant, s'accompagne également d'empiétement des durées des appuis l'une sur l'autre.

Les allures des chevaux sont depuis longtemps l'objet d'études approfondies, mais les différents auteurs n'étaient pas encore arrivés à une entente parfaite sur le rhythme des battues de chaque pied qui les caractérisent.

Appliquant la chronographie à cette étude, j'obtins des résul-

Fig. 75. Cheval portant aux quatre pieds des explorateurs des appuis; le cavalier tient l'appareil inscripteur du rhythme des allures.

tats très-satisfaisants, malgré la complexité des phénomènes qu'il s'agissait d'analyser.

Le cheval portait quatre chaussures exploratrices (fig 75), c'està-dire que, sous chacun de ses sabots, était adaptée une ampoule à air qui, comprimée pendant la durée de l'appui, donnait un signal d'une longueur variable. Quatre signaux superposés donnaient, dans chaque expérience, un quadruple tracé. La figure 76 est destinée à montrer comment les rhythmes des allures dérivent les uns des autres. Pour en comprendre la formation, il faut, avec Dugès, considère/ un quadrupède comme formé

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