ACTE I, SCENE VI a
La fortune, à la ville, en est un peu jalouse. Monsieur Baliveau...
Damis.
Heim ?
MONDOR
Votre oncle de Toulouse...
Damis.
Après ?
Est à Paris.
MONDOR
Damis.
Qu'il y reste.
MoNDOR.
Fort bien. Sans croire, sans vouloir que vous en sçachiez rien!
Damis.
Pourquoi donc me le dire ?
MoNDOR.
Ah! quelle indiférence!
Et rien est-il pour vous de plus de conséquence? Un oncle riche et vieux dont votre sort dépend, Qui du bien qu'il vous veut sans cesse se repent, Prétendant sur son goût régler votre génie, De vos diables de vers détestant la manie, Et qui, depuis cinq ans bien comptés, Dieu merci. Pour faire votre droit nous pensione ici ! Atendez-vous, Monsieur, à d'horribles tempêtes. Il vient incognito, pour voir où vous en êtes. Peut-être il sçait déjà que, vous donnant l'essor, Vous n'avez pris ici d'autre licence encor
Que celles qu'il craignoit, et que, dans vos rubriques,
Vous nommez entre vous licences poétiques.
Ah! Monsieur! redoutez son indignation.
Vous aurez encouru l'exhérédation.
Ce mot doit vous toucher, ou votre ame est bien dure.
Damis, lui donnant un papier.
Mondor, porte ces vers à l'auteur du Mercure. MoNDOR, refusant de le prendre.
Beau fruit de mon sermon!
Damis.
Digne du sermoneur.
Et que doit nous valoir ce papier?
De l'honeur.
Mondor, secouant la tête.
Bon! De l'honeur!
Damis.
Tu crois que je dis des sornètes?
Mondor.
C'est qu'on n'a point d'honeur à mal payer ses dètes. Et qu'avec celui-ci vous les paîrez très-mal.
Damis.
Qii'un valet raisoneur est un sot animal ! Eh! fais ce qu'on te dit.
Mondor.
Aussi, ne vous déplaise.
Vous en parlez. Monsieur, un peu trop à votre aise. Vous avez les plaisirs, et moi tout l'embaras. Vous et vos créanciers, je vous ai sur les bras.