‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 56 sur 127 · ACTE I, SCENE VI 3i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI 3i

MONDOR

Chercher un maître.

Damis.

Et pourquoi tout à coup suis-je indigne de l'être ?

MoNDOR.

C'est que l'air est, Monsieur, un fort sot aliment.

Damis.

Qui te veut nourrir d'air? Es-tu fou?

MONDOR

Nullement.

Damis.

Ma foi! tu n'es pas sage. Eh quoi! tu te révoltes, A la veille, que dis-je? au moment des récoltes! Car, enfin, rassemblons (puisqu'il faut avec toi Descendre à des détails si peu dignes de moi), Rassemblons en un point de précision sûre, L'état de ma fortune et présente et future. De tes gages déjà le paîment est certain. Ce soir une partie, et l'autre après demain. Je réussis. J'épouse une femme sçavante. Voi le bel avenir qui de là se présente! Voi naître tour à tour de nos feux triomphans Des pièces de théâtre et de rares enfans ! Les aîglons généreux, et dignes de leurs races, A peine encor éclos, voleront sur nos traces. Ayons-en trois. Léguons le comique au premier. Le tragique au second, le lirique au dernier. Par eux seuls, en tous lieux, la scène est ocupée. Qu'à l'envi cependant, donnant dans l'épopée. Et mon épouse et moi, nous ne lâchions par an,

Moi, qu'un demi-poëme; elle, que son roman : Vers nous, de tous côtés, nous atirons la foule. Voilà dans la maison l'or et l'argent qui roule, Et notre esprit qui met, grâce à notre union. Le théâtre et la presse à contribution.

MONDOR

En bonne opinion, vous êtes un rare homme, Et sur cet oreiller vous dormez d'un bon somme; Mais un coup de siflet peut vous réveiller.

Damis, lui faisant prendre enfin le papier.

Pars.

L'embaras où je suis mérite un peu d'égards. Une pièce afichée, une autre dans la tête; Une où je joue, une autre à lire toute prête : Voilà de quoi sans doute avoir l'esprit tendu.

MoNDOR.

Dites un héritage et bien du tems perdu.

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