ACTE II, SCENE V
LUCILE
Quoi? Ces vers que je lis, que je relis sans cesse...
Lisette.
Sont les siens.
LUCILE
Quel esprit! Quelle délicatesse!
De plaisirs et de jeux quel mélange amusant! Que, sous des traits si doux, l'amour est séduisant! L'auteur veut plaire et plaît sans doute à quelque belle A qui l'on doit le feu dont sa plume étincelle.
Lisette.
C'est ce qu'aparament votre père en conciud, Et la raison qui fait que son ordre l'exclud. Il craint que vous n'aimiez la conquête d'une autre... D'une autre ! Mais j'y songe : et s'il étoit la vôtre? Vous riez? Et moi, non. C'est au plus sérieux. Les vers étoient pour vous. J'ouvre à présent les yeux Oui, je vous reconois traits pour traits dans l'image De celle à qui s'adresse un si galant homage.
LuciLE.
Je remarque en effet... Prenons par ce chemin. Monsieur de l'Empirée aproche, un livre en main. On m'a pour le choisir presque tiranisée , Et mon ame jamais n'y fut moins disposée.
Lisette , seule.
Bon! Ce préliminaire est, je crois, sufisant^ Et Dorante, s'il veut, peut traiter à présent.
5o LA MÉTROMANIE