DAMIS, MONDOR
MONDOR
Je ne m'étone plus si nous payons nos detes. Entre vingt prétendans, on vous le donne beau. Et vous avez pour vous, Monsieur, l'air du bureau.
Damis, se croyant toujours seul. Si, comme je le crois, ma pièce est aplaudie. Vous êtes la puissance à qui je la dédie. Vous eiites un esprit que la France admira; J'en eus un qui vous plut. L'univers le sçaura.
[Il donne à Mondor du livre par le nez.)
MONDOR
Ouf!
Damis.
Qui te sçavoit là? Dis.
MONDOR
Maugrebleu du geste !
Damis.
Tu m'écoutois? Hé bien ! raille, blâme, conteste. Dis encor que mon art ne sert qu'à m'ébloùir. Tu vois! je suis heureux!
MONDOR
Plus que sage.
Damis.
A t'oùir, Je ne me repaissois que de vaines chimères.
MoNDOR.
Votre bonheur, tout franc, ne se devinoit guères.
Damis.
Par un sot comme toi.
MONDOR
Mondieu, pas tant d'orgueil!
Vous ne pouviez manquer d'être vu de bon œil : Vous trouvez un esprit de la trempe du vôtre; Mais vous n'eussiez jamais réussi près d'un autre.
Damis.
De pas une autre aussi je ne me soucîrois. Celle-ci seule a tout ce que je désirois. De ma Muse elle seule épuisant les caresses, Me fait prendre congé de toutes mes maîtresses,
MoNDOR.
Il faudroit en avoir pour en prerdre congé.
Damis.
Je ne te parle aussi que de celles que j'ai.