ACTE III, SCENE V
Représenter Hector, Sganarelle et Crispin.
Baliveau.
Je ne le cache pas : malgré ma répugnance, Une chose me fait quelque plaisir d'avance. C'est le parfait raport qui, par un cas plaisant, Se trouve entre mon rôle et mon état présent. Je représente un père austère et sans foiblesse, Qui d'un fils libertin gourmande la jeunesse... Le vieillard, à mon gré, parle comme un Caton , Et je me réjouis de lui donner le ton.
Francaleuj Celui qui fait le fils s'y prend le mieux du monde, Carnous ne jouons bien qu'autant qu'on nous seconde ; Tout dépend de l'acteur mis vis-à-vis de nous. Si celui-ci venoit répéter avec vous?
Baliveau.
Je voudrois que ce fût déjà fait.
Francaleu, apellani ses vakts.
Hola! hée!
Que l'on aille chercher monsieur de l'Empirée.
{A Baliveau.) Tenez, voilà par où le jeune homme entrera. Vous pouvez comencer si-tôt qu'il paroîtra. Faites comme l'on fait aux choses imprévues; Soyez comme quelqu'un qui tomberoit des nues; Car c'est l'esprit du rôle, et vous vous souvenez Que vous vous trouvez, vous et ce fils, nez à nez , L'instant précis qu'il sort ou d'une académie. Ou de quelque autre lieu que vous voulez qu'il fuie; Et qu'à cette rencontre , un silence fâcheux
Exprime une suprise égale entre vous deux. C'est un coup de théâtre admirable, et j'espère...