‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 90 sur 127 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

FRANCALEU , DORANTE , DAMIS.

Francaleu, prenant Dorante par le bras et ne le lâchant plus.

Eh, venez donc, Monsieur ! Depuis une heure Je vous cherche par tout pour vous lire mes vers.

Dorante.

A moi , Monsieur ?

Francaleu.

A vous.

Damis, à part.

Autre esprit à l'envers !

Vous désirez, dit-on, ce petit sacrifice.

Dorante.

Et qui m'a près de vous rendu ce bon ofice ?

Francaleu.

C'est Lisette.

Dorante, à Damis.

C'est vous qu'elle veut servir.

Francaleu.

Lui?

Il voudroit qu'on fût sourd aux ouvrages d'autrui.

Damis.

Loin de l'en détourner, c'est moi qui l'y convie.

Dorante, à Damis.

Je lis dans votre coeur, et je vois votre envie.

Francaleu.

Vous dites bien : l'envie ! Oui, c'est un envieux, Qui voudroit sur lui seul attirer tous les yeux.

Damis.

Mon ami , par bonheur, est là pour me défendre. Tantôt je l'exhortois encore à vous entendre.

Dorante, bas à Damis.

Vous osez m'atester?

Damis, bas à Dorante.

Je songe à votre amour.

Songez , si vous voulez , à faire votre cour.

Francaleu.

On me voudroit pourtant assurer du contraire.

Lisez, et qu'il admire : il ne sçauroit mieux faire.

Dorante, bas.

Tu crois m'échaper? Mais...

Damis, à Francaleu.

D'autant plus que Monsieur A besoin maintenant d'un peu de belle humeur.

Francaleu , tirant un gros cahier de sa poche. Ah ! quelque humeur qu'il ait, il faudra bien qu'il rie ; Et pour cela, d'abord, je lis ma tragédie.

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