‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 97 sur 127 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

FRANCALEU, DAMIS.

Francaleu.

La coquine le sert indubitablement , Et m'en a, sur son compte, imposé doublement. Sur quoi donc, s'il vous plaît, vous a-t-il fait querelle ?

Damis.

Sur un mal-entendu : pour une bagatelle.

Francaleu.

Ce procédé l'exclut du rang de vos amis.

Damis.

Quelque ressentiment pouroit m'étre permis ; Mais je suis sans rancune, et ce qui se prépare Va me venger assez de cet esprit bisâre.

Francaleu.

Ce que j'aprends encor lui fait bien moins d'honeur.

Quoi donc ?

Qu'il est le fils d'un maudit chicaneur, Qui, n'écoutant prière, avis, ni remontrance. Depuis dix ou douze ans me plaide à toute outrance. Des sotises d'un père un fils n'est pas garand ;

Mais le tort que me fait ce plaideur est si grand Que je puis, à bon droit, haïr jusqu'à sa race. Ce procès me ruine en sote paperasse.

Et, sans le tems, les pas, et les soins qu'il y faut, J'aurois été poëte onze ou douze ans plutôt. Sont-ce là, dites-moi, des pertes réparables?

Damis.

Le domage est vraiment des plus considérables. Il faut que le public intervienne au procès. Et conclue, avec vous, à de gros intérêts. Et Dorante n'a-t-il contre lui que son père?

Francaleu.

Pardonnez-moi, Monsieur, il a son caractère. Je lui croyois du goût, de l'esprit , du bon sens; Ce n'est qu'un étourdi. Cela tourne à tous vents : Cervelle évaporée, esprit jeune et frivole Que vous croyez tenir au moment qu'il s'envole ; Qui me choque, en un mot, et qui me choque au point Que chez moi, sans ma pièce, il ne resteroit point. Mais il le faut avoir, si je veux qu'on la joue; Et voilà trop de fois que mon spectacle échoue. A propos, ce bonhomme avec qui vous jouez. Plaît-il? Que vous en semble? Excellent! Avouez.

Damis.

Admirable !

Francaleu.

A-t-il l'air d'un père qui querelle ?

Heim ! Comme sa surprise a paru naturelle !

Atendez à juger de ce qu'il peut valoir,

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