INTRODUCTION
Le premier Européen qui ait abordé en Australie (1540) est un Français du nom de Guillaume le Testu; pendant les années qui suivirent, les Espagnols et les Hollandais organisèrent de fréquents voyages d’exploration.
En 1688 arriva à Roebuck-bay le capitaine Dampier, représentant de LAngieterre ; mais ce ne fut qu’un siècle plus tai^L en 1770, que Cook prit possession définitive du continent au nom de la Grande-Bretagne. La civilisation européenne s’implanta et se développa d^une manière continue. Ce n’est pas ici le lieu de rappeler les progrès inouis accomplis, dans l’espace d’un siècle, sur ce continent presque aussi grand que l’Europe ; pourtant il est impossible de ne pas rendre hommage, tout d’abord, aux qualités des Australiens, à leur persévérance, à leur esprit d’initiative, à leur foi dans l’avenir de leur belle contrée.
Mais cent ans ne comptent guère dans la vie d’un peuple
et, en dépit du haut degré de civilisation auquel l’Australie est parvenue, elle est encore un pays neuf.
L’homme de science, qui y pénètre, y trouve un champ d’ohservations entièrement nouveau.
A ne considérer par exemple, queles études de pathologie, nous ne croyons pas qu’il y ait dans nos pays, une seule maladie des hommes ou des animaux, dont on puisse avec certitude reporter la première apparition à une époque bien déterminée. Quand on croit pouvoir fixer une date, est-on sûr que la même maladie, désignée peut-être d’un autre nom, ne s’était pas déjà produite longtemps auparavant?
En Australie, le problème se présente tout autrement ; elle ne contenait, au moment de sa découverte, que des habitants clair-semés et privés d’animaux domestiques. Colons et troupeaux lui sont venus de l’extérieur à des dates variées et relativement récentes. Pendant la longue traversée nécessaire autrefois pour aborder le continent nouveau, les animaux malades sur le quai de départ ont pu disparaître, de sorte que l’importation d’espèces nouvelles n’a pas nécessairement été accompagnée de l’importation de toutes les maladies qui sévissent sur ces espèces dans notre vieux continent. Puis, à un jour donné, telle ou telle de ces maladies a apparu, à la suite de l’extension des échanges, de l’établissement de stations intermédiaires, de la diminution de plus en plus grande de la durée du voyage.
Une fois installée, et rencontrant une population vierge de toute atteinte, elle s’est développée plus ou moins vite et acclimatée. Puis est venue la période de lutte. Le pays était neuf et n’avait pas encore eu le temps de se préoccuper des progrès accomplis par la science. Il a cherché une protection
dans leslois douanières, et s’est entouré d’un régime de quarantaines plus rigoureusement observées qu’en aucun autre pays du monde. Quel a été l’effet de ces quarantaines ? Jusqu’à quel point ont-elles réussi à protéger le continent nouveau des maladies qui n’y existaient pas encore au moment où elles ont été inaugurées?
Voilà toute une série de questions bien particulières à l’Australie, qu’on est autorisé à se poser, et qui, bien résolues, ne seraient sans intérêt ni pour le passé ni pour l’avenir de notre vieux continent. Mais elles exigent un longtravail, et on ne s’étonnera pas, je l’espère, que nous ne les ayons pas résolues en quatre ans de séjour en Australie. Si nous avons pu en approfondir quelques-unes, il en est d’autres que nous avons dû nous contenter d’effleurer. C’est l’ensemble des notions que nous avons acquises et des efforts que nous avons faits^, que nous voudrions exposer dans cette thèse, dont nous ne nous dissimulons pas les lacunes et les imperfections. Le canevas que nous venons d’indiquer à grands traits se remplira peu à peu, mais il nous semble assez bien garni dès aujourd’hui pour qu’on puisse en tirer quelques conclusions relatives à la pathologie microbienne et à l’hygiène générale.
Nous aurons successivement dans le cours de ce travail à parler du choléra des poules appliqué à la destruction des lapins suivant le procédé de M. Pasteur, et du charbon, que nous avons étudié sur le mouton, le bœuf, le kanguroo, etc. En passant nous aurons à nous arrêter à l’étude du charbon symptomatique et de la péripneumonie. Enfin, à. propos des quarantaines, nous dirons quelques mots des maladies inconnues à l’Australie, telles que la rage et
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