‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 25 sur 110 · REGARD DOUX, ERRANT · texte numérisé non relu

REGARD DOUX, ERRANT

cherche l'objet de sa rage, ou s'efforce de trouver des moyens et des voies qui lui permettent de se satisfaire, le regard est également sauvage, c'est-à-dire transperçant et rapide à la fois. Le regard de l'effroi est également fixe, car dans cette affection, ainsi que dans la colère qui anéantit, toute l'attention est concentrée sur un objet précis, qu'il soit perceptible par les sens ou imaginaire (1).

Physiognomonie : Celui à qui est propre un regard fixe^ ferme, c'est-k-dire un mouvement particulièrement tendu des muscles des globes oculaires, possède Vénergie dans V action ou dans la pensée ou aussi dans les deux,

d. — Dans le regard doux, le mouvement des muscles des globes oculaires est calme et aisé. Le regard se fixe sans effort et se détourne sans précipitation ; il exprime sans passion l'intérêt que l'on porte aux objets ou aux représentations.

Physiognomonie : Le regard doux annonce la douceur de caractère.

e. — Le REGARD est errant dans l'état de distraction. Les représentations de toutes nuances viennent et s'en vont pêle-mêle, sans que l'attention soit attirée et maintenue par l'une d'elles en particulier, et c'est pourquoi le regard glisse de tout côté vacillant et distrait. Physiognomonie : Le regard errant fréquemment fait

supposer un manque de persévéraiice, un esprit léger, mais aussi de Vétourderie.

f. — Le regard inquiet ne peut s'attacher longtemps à un objet. C'est dans un état d'embarras, de honte et de

(1) Faisons remarquer ici en passant (ce qui ne peut être analysé que plus loin) que dans le regard paresseux les deux paupières supérieures sont en même temps baissées, mais que, dans le regard vif et ferme, elles sont relevées.

crainte que le regard de l'homme est incertain et inquiet ; car, dans ces dispositions de l'âme, il a perdu toute confiance en lui-même, et involontairement son regard va et vient, comme s'il cherchait du secours ou une occasion qui lui permît d'échapper à cette situation pénible, soit que cette situation se rapporte à des faits réels, soit qu'elle ne se rapporte qu'à des faits imaginaires.

La conscience de la culpabilité se révèle aussi par l'inconstance du regard. L'homme qui craint a perdu toute confiance en lui-même, l'homme qui se sent coupable a perdu toute confiance dans les autres, il porte partout un regard timide et pressé, car partout il craint d'être reconnu et attrapé.

Physiognomonie : Le regard inquiet est propre aux hommes très timides et très craintif s, mais aussi a ceuxlà qui sont tourmentés par une mauvaise conscience.

B. — Espèces de regards qui se distinguent par leur direction particulière.

a. — Le regard caché. Lorsqu'on veut observer sans être vu, lorsqu'on est attentif, mais que l'on veut paraître indifférent, l'on se tient tranquille et sans mouvement afin de ne point attirer l'attention d'autrui par des mouvements ou par du bruit ; l'on donne au corps une position indifférente, on laisse tomber la tête et ce n'est que par un regard attentif, jeté de travers en haut vers l'objet observé, qu'on laisse remarquer un intérêt caché (Fig. 2. Cf. aussi fig. 32).

Si le regard caché est en même temps inquiet, il fait reconnaître des appréhensions anxieuses; mais s'il est en même temps ferme, aux aguets, on peut être convaincu que l'homme n'épie que le moment opportun pour s'approcher avec énergie de l'objet de son attention.

Page 1