‹ La mimique et la physiognomonieChapitre 27 sur 110 · REGARD RA-VI · texte numérisé non relu

REGARD RA-VI

sent lui être supérieures, et qu'il honore avec piété ou désire avec ardeur, par exemple dans l'état de ravissement musical, de transports poétiques, d'exaltation amoureuse, etc. (fig. 4) (1).

Fig. 4. — Regard ravi

Dans ce regard vers les cieux, le globe de l'œil est tellement roulé vers l'arrière par les muscles droit supérieur et oblique supérieur, qu'une partie de la cornée disparait sous la paupière supérieure et que, par contre, l'on aperçoit la membrane blanche de l'œil au-dessous de la cornée (fig. 3 et 4).

Ce qui est aut est également loin, et c'est pourquoi le regard extai ue se dirige non seulement vers le haut mais aussi dai le lointain. Plus on regarde près de soi, plus les axes optiques convergent, plus les pupilles des deux yeux se rapprochent l'une de l'autre ; plus on fixe

(1) Ch. Bell donne une explication étrange du regard ravi ; il fait remarquer u que, à l'approche du sommeil ou d'une défaillance, ou de la mort, les pupilles se dirigent en haut et en dedans, et il pense que, lorsque nous sommes absorbés dans des sentiments pieux et ne faisons aucune attention à ce qui se passe autour de nous, nous levons les yeux par un acte inné et instinctif, qui doit être attribué à la même cause que dans le cas ci-dessus » (Darwin, p. 237).

dans le lointain, plus les pupilles s'éloignent l'une de l'autre. Dans le regard ex^ah"que, qui, plein de vifs désirs, se dirige vers les espaces infiniment loin, les axes visuels des deux yeux courent presque parallèlement l'un à l'autre.

Les yeux rêveurs dirigés en haut et regardant au loin, telle est l'expression mimique de la prière, de la ferveur, de l'exaltation.

Physiognomonie : Quiconque regarde dhahitude, en homine ravi, rêveur, c'est-k-dire en haut et dans le lointain, donne ainsi a comprendre que ses pensées errent souvent par delà la trivialité, dans la sphère de Vidéal et des illusions; et plus cette direction s'accentue chez des hommes fantasques, chez des rêveurs religieux, plus cette espèce de regard devient une habitude. Les yeux reçoivent ainsi peu à peu un cachet physiognomonique original, par ce fait que la membrane blanche de Vœil reste plus ou moins visible entre la cernée et la paupière inférieure.

Comme appendice, je voudrais reproduire ici plusieurs remarques que le D' Hersing, dans l'ouvrage cité p. 24, a faites sur quelques espèces de regards. « Les femmes (dit-il, p. 26) s'efforcent souvent de cacher l'intérêt qu'elles portent à quelqu'un, mais seulement aux yeux du monde et non aux yeux de celui qui est l'objet de cette sympathie. Dans ce cas, elles ne le regardent qu'à la dérobée, de côté, et pâr un mouvement rapide de l'œil. Mais si celui-ci a saisi un de ces regards qui lui sont ainsi lancés rapides et à la dérobée, elles ne détournent pas les yeux, mais ce jeu restant invisible aux autres, elles les tiennent fixés sur lui, lui faisant ainsi comprendre qu'elles désirent être d'intelligence avec lui sans que les autres le sachent : c'est ce que l'on appelle un regard coquet. Si, tenant la

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