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Agathe-Françoise Cassin, a5 ans en Van IV, même dossier

4, Et, semble-t-il, ceux du général Humbert.

la gaieté n'étaient pas, il est vrai, « dans la situation » ; mais ce recul subit aux dissipations mondaines d'avant 89 ne manquait pas d'une certaine grâce et symbolisait presque un programme : il marquait la réaction complète, la rupture avec la morosité démocratique, le retour au bon temps de l'insouciance et des effusions ; bouffée de griserie dans l'ouragan : ce fut si court que l'Histoire n'a pas le droit de se montrer sévère.

Les jeuneB gentilshommes, anciens officiers pour la plupart, qui, jadis, avaient fréquenté dans le monde et entrevu la Cour, — les Béjarry, les La Bourdonnaye-Montluc, les May neuf, les Dieusie, les Nantois, les Busnel et bien d'autres, — jugeaient délicieux cet entracte à leur dure vie de partisans ; les paysans ou les bourgeois, tout aussi nombreux, — le manceau Caquereau, le morbihannaïs Guillemot, Terrien, marchand de bois, Palierne, receveur de rentes à Ancenis, Gourlet, percepteur à Riaillé, Cadoudal, Billard de Veaux, cultivateurs ou petits propriétaires *, les plus fervents peut-être, les plus intransigeants a coup sûr, blâmaient la présence des belles dames avec lesquelles ils ne dansaient pas,

i. On n'a pu dresser la liste complète des ia5 chefs de bande ayant assisté aux conférences de La Prévalaye : voici les noms qu'on a pu relever : — d'Andigné, Boishardy, Béjarry, Billard de Veaux, de Busnel, de Belleveue, les deux frères du Boisgny, Boisgontier, de Bouan, Sévère de la Bourdonnaye-Montluc, Le Bouteiller, Gormatjn, Cadoudal, de Chantreau, Armand de Chateaubriand (ne fit que paraître), Coquereau, de Cintré, Closmadeuc, de Concoret, de Dieusie, Dufour, Frotté, Geslin, Guillemot, Gazot, Gourlet, Guignard, le chevalier de l'Hermile, Jarry, de Kerveno, Lambert, de Lantivy, Le Grîs-Duval, de Lesseignes, Lefaive, de Mayneuf, Moulé de la Raîtrie, de Méaulne, de Nantois, de la Nournis, Palierne, Poirier de Beauvais, comte de Silz, de Scépeaux, de Solilhac, Saint-Régent, Le Thieis, Tînténiac, Terrien de la Trébonnierre, de la Vieuxville.

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ainsi que le luxe de la table et du service dont s'effarouchait leur rusticité. L'argent ne manquait point, car les faux assignats de Puisaye circulaient à flots : — « Nous les jetions à pleines mains », écrit d'Andîgné ; on rencontrait peu de scrupuleux qui hésitassent à les répandre. En général, on n'y faisait pas grande différence ; Bleus et Chouans se félicitaient de cet afflux de papier monnaie qui ne valait guère moins que l'autre, — le vrai. Les commerçants de Rennes acceptaient tout : les tailleurs et les lingères de la ville réalisèrent de gros bénéfices ; car les hôtes de Cormatin profitaient de cette vacance pour commander « force hardes » et rerenouveler leur garde-robe, endommagée par les longs séjours dans les bois l .

Et les conférences ? Elles vont... cahin-caha. Le conseil des royalistes s'assemble à La Prévalaye. Cormatin le préside et dépense toute son éloquence. La pacification est sa raison d'être, sa conception personnelle ; il l'a promise aux représentants ; il s'effondrera si elle avorte. Et voilà qu'il se heurte à des résistances : la première condition du traité est la reconnaissance de la République et l'engagement de ne plus porter les armes contre elle ; ceci suscite des colères : les Chouans sont-ils des vaincus pour se soumettre à l'ennemi ? N'ont-ils pas juré de servir la cause du Roi jusqu'au triomphe ou jusqu'à la mort ? Vont-ils trahir ce serment à l'heure où la République agonise, où d'un bout à l'autre du royaume, le peuple épuisé et contrit aspire au rétablissement de la monarchie ? D'ailleurs, la paix ne serait pas gé-

i. Archives de la Guerre. Lettre d'un bon citoyen ami de l'Humanité. 8 floréal, an III. Armée des Côtes de Brest et de Cherbourg.

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nérale : Stofflet, qui commande l'armée, cathplique, d'Anjou, ne yeui pàs : cé,der ; rabandpnner serait une, lâcheté. , ï( , f ...

Pour gagner du temps et décider Stpfflet, on dé-; pêche Boishardy en &njou. En^attenpjani son. retour, les discussions se poursuivent souvent, acerbes et, ,1% multueuses. Deux pu trois, ( fois par semaine, ,on, se réunit aux Conventionnels en des conférences tenu.es à la maisonnette, de I^a M^bilais. Çprjnatin s^re^na avec sep^, royalistes, prudemment choisis., e.t* escorte d'une ^arde de cinquante i Chouans. Le^Te^r^sen^ tants du peuple y arrivent, de , Rennes. dans, de^ ( voi T tures qu'entourent cent grenadjers. Hoçt»e les. pr^ cède avec ses jchasseurs à cheval ^. ^es ç|eux portes de la salle s'ouvrent en même temps les, royaliste^ entrent d'un côté, cocarde planche au feutre ; le$ républicains entrent de l'autre, plumet tripplore, au chapeau. Ce sont Ruelle, Bollet, Delaunay, J^ryj Chaillon, Corbel, Guezno, Guermeur, De Fermon, et Lanjuinais. Hoche reste dehors avec ses officiers ; Cormatin, qui redoute sa drpiture, .a proposé l'exclusion des- militaires et les représentants y ont volontiers consenti, ne s'illusionnant pas sur l'opinion, qu'a prise d'eux le général. Ah ! comme it les mé T prise ! — « Voilà donc, note-t-il pour soulager son indignation, voilà donc les soutiens de ma triste patrie ! Envieux, incapables de toute honnêteté, ivrognes, débauchés, ignorants et vains, tel est, a l'exception de Lanjuinais et de , Fermon, le caractère des membres de notre congrès: Dans les délibérations, nul ordre ; l'un crie, son voisin dort, un troi-

i. Louis de Frollê et les insurrections normandes, p. L, de la Sicotiehe, I, 85.

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si^me... Est-ce ainsi que SQ.com portent nos adversaires ? Leurs repas sont moins longs et moins fréquents. Indigne Ruelle ! Reçois ici je tribut de mon indignation ! Après avoir rampé devant Charette, tu fais servilement ta cour à Cormatin 1 !... » Quelques-uns des représentants s expriment avec élégance ; plusieurs « parlent raisonnablement » ; « la pTûpart sont modérés 2 ». Pourtant, des mots aigres sont échangés : les Chouans, peu parlementaires, perdent la mesure et s emportent. Et pendant çes parlotes qui ne mènent à rien, car « la paix n'est pas dans les cceurs », tandis que fi nasse ) Cormatin., que pâtelinent Ruelle ou Delaunay, aux abords de La MaÉilaîs, parmi Ja ïoule parfois sympathique 8 , parfois hostile 4 , venue de Rennes pour surprendre quelque incident de ce rapprochement paradoxal, Hoche et ses généraux s'entretiennent avec les officiers rovaï'istes. Il leur témoigne « beaucoup d'estimes » et paraît flatté de leurs prévenance^ 5 . Comice la paix eût été facile entre ces soldats français, sans

l'odieuse politique et les criards qui en vivaient ,!

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..i,' Bercounioux, Essai sur la-uie de Hoche, i33 ' — •■'

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