‹ La Mirlitantouille; épisodes de la chouannerie bretonneChapitre 42 sur 57 · Archives nationales, F? 7577-A · texte numérisé non relu

Archives nationales, F? 7577-A

bougre qui n'est pas riche... » Aux autres il lairse 12 ou 15 francs « pour faire la route 1 ». Une escorte de soldats ne protège plus les voitures publiques : — u c'est un moyen insuffisant et même nuisible, car ces escortes ne peuvent être nombreuses et les brigands combinent leurs forces en conséquence » ; et puis, « la présence de militaires autour d'une diligence ou d'une malle-poste annonce en quelque sorte que cette voiture transporte des fonds 2 . » D'ailleurs où sont les soldats de la république? On n'en voit plus ou bien, ceux qu'on rencontre traînent sur les routes leurs uniformes en lambeaux et leurs mines affamées. Dans peu, un correspondant du ministre pourra écrire : — « Les officiers et les soldats sont dans la plus grande détresse : privés de paie depuis cinq à six mois, sans bas, sans chemise, sans habits, couverts seulement d'une mauvaise capote... La désertion est à son comble : ils vont rejoindre les chefs chouans qui donnent 200 francs d'engagement ». »

A qui imputer ces forfaits ? Comme il faut mettre des signatures à ces crimes anonymes, on désigne les plus fameuses, celles qui sont des épouvantails : Le Gris-Duval, Carfort, Saint-Régent. Ces trois hommes sont invisibles et pourtant on croit partout les reconnaître ; ainsi des légendes se forment que les magistrats désemparés adoptent : tous leurs rapports désormais signaleront « l'exécrable Carfort », « le scélérat Saint-Régent », « l'infâme Legris-Du-

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