‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 110 sur 316 · LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ

gicux, OU au moins Tassistance de deux échevins et du substitut du procureur à la reddition des comptes ; elle prouve que dans Thôpital de Saint-Antoine de Viennois, sous prétexte de n'entretenir que des malades du feu saint Antoine^ depuis quarante ans la maison n'en a point nn setil^ et emploie le bien de l'hôpital pour les intérêts de Tordre. Les religieux de Saint-Denis et l'aumônerie de Sainte-Catherine, qui devaient dépenser une

partie de leurs revenus à l'éducation de sept enfants orphelins, d'un maître et d'une servante pour les conduire, et le surplus à la nourriture et habitation des pauvres de la ville, apportent môme négligence dans l'accomplissement de ces deux devoirs et confisquent au profit de l'ordre un revenu de 20,000 livres. Ceux de Saint-Remy sont allés plus loin : depuis plus de trente ans, pour avoii prétexte de fermer leur porte aux pauvres, ils ont ôté les lits de l'aumônerie. Pendant ce temps, la ville succombe sous ses charges, et ne peut suffire aux dépenses de la maison de charité qu'elle avait élevée en 1633; dans un seul hôpital, qui pouvait contenir vingt malades au plus, depuis janvier 1652 jusqu'en juillet 1633, pendant dix- huit mois, elle en eut jusqu'à cinquantetrois !

Vincent, dès son premier essai à Châtillon, introduit l'élément laïque dans ses associations de charité : le procureur, d'après les statuts, sera indifféremment un ecclésiastique ou un bourgeois de la ville (et le choix tomba sur un bourgeois, Jean Benier ou Beynier); les comptes sont rendus chaque année par la trésorerie à jour fixe (le lendemain de la Pentecôte), en présence du curé, du procureur, du châtelain, de l'un des syndics et du recteur de l'hôpital. Ces concessions aux justes exigences de l'é-

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poqiie expliquent peut-être la rapide prçpagation de l'institution du pauvre curé de Châtillon.

Si Vincent, comprenant raffinité naturelle qui existe entre la femme et le prôtre *, chercha surtout ses auxiliaires dans la femme, qui se fait si facilement tonte à tous, qui éprouve une sorte d'affection pour les âmes € calleuses, » pour les malades et les infirmes, il n'éloigna cependant pas systématiquement les hommes des œuvres de charité qu'il méditait. Dès le mois d'octobre 1620, révoque d'Amiens autorisait une confrérie de charité d'hommes; laissant aux femmes le soin des malades, les hommes se chargeaient spécialement des pauvres valides. Comme les confréries des femmes, les charités des hommes se répandirent assez rapidement ; mais el'es réussirent peu en général, et bientôt Vincent dut se résigner à en abandonner la pensée.

Cependant madame de Gondy n'ayant pas renoncé au désir de ramener dans sa famille son ancien directeur, Vincent se rendit enfin aux instances réitérées de tous ses amis, et retourna chez le général des galères, après un séjour de cinq mois dans sa cure de ChAlilion. D'autres institutions non moins grandes qu'il devait réaliser avec l'appui de cette puissante famille l'attendaient. Outre l'œuvre des Missions, qui prit peu à peu un plus grand développement, Vincent s'occupa d'autres misères, d'autres souffrances plus terribles peut-être que celles de

1. Un jeune critique distingué, M. Emile Montégut, a bien caractérisé ces affinités : « De tous les types humains, le prêtre est celui qui se rapproche le plus de la femme. Toutes les qualités féminines lui sont recommandées par son devoir : la douceur et la patience lui sont imposées parle cnractère dont il est revêtu, la persuasion doit être sou moyen d'action le plus légitime; la nécerisité où il est de conseiller, de soutenir, de consoler les âmes souffrante»,! .l'oblige à procéder a.'^Çi<i \;Vxis» de tact et de ménagement que les autres homm««. i»

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