‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 125 sur 316 · A L'ŒUVRE JANSÉNISTE ET PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

A L'ŒUVRE JANSÉNISTE ET PARLEMENTAIRE

neuf années^ au milieu des plus grands périls, cinquanletrois fois le voyage de Paris en Lon'aine pour portor do l'argent et des secours. Celte expérience des calamités donna aux prêtres de la Mission une supériorité qui fut bientôt hautement reconnue par. lea^ autres ordres religieux.

Dès que Vincent eut pris part à l'œuvre, il y appoila son activité, son dévouement habituels : 16 missionnaires et plusieurs Filles de la Charité partent immédiateuienl pour la Picardie et la Champagne; leurs lettres désolées se retrouvent avec les autres dans les Relations,

(f De Gnise. — Je vous écris de Guise, où La pauvreté, mist-rcet abandon surpassent tout ce que je vous dirai. Il est mort environ rM>0 personnes depuis le siège, il y en a autant de malades et langui>saiits dor.t une partie sont retirés dans des trous et des cavernes, plus propri'< pour loger des bêtes que des hommes. On ne sait par où y «utrcr, ils y sont abandonnés de tout secours, ce qui fait qu'il en meurt tant... C'est encore p;s à Ribemont. Tout ce que je vous en puis dire est que je ne crois pas qu*il y ait au monde une plus grande pauvreté. Le no!nb:o des pauvres malades est de 150 dans ce seul lieu ; il on est d(> inOnic à Laon, la Fère et autres lieux de Picardie... A Saint-Quentin, il se découvre tous les jours de nouvelles misères, et si grandes, qu'à peine oserais-je les marquer, si elles n'étaient connues de t<>us ceux qui sont sur les lieux. U y a plus de 200 malades... Hier, je fus à deux faubourgs, où au lieu de maisons que Ton a fait démolir, il y a environ 25 cbaumettes, en chacune desquelles j'ai trouvé deux ou trois malades, en une seule dix; deux femmes veuves, avec chacune quatre enfants, couchés tous ensemble sur la terre, n'ayant chose quelconque et san^ aucun linge. Un autre ecclésiastique, dans sa visite, ayant rencontré plusieurs portes fermées, en a fait faire ouverture et a trouvé que les malades étaient si faibles, qu'ils ne pouvaient ouvrir la port'*, n'ayant mangé depuis trois jours, et n'ayant sous eux qu'un peu do ^\\\e à demi pourrie; le nombre de ces pauvres est si grand, que sans le secours venu de Paris, lors de l'appréhension du siège, les bourgeois, ne les pouvant nourrir, avaient résolu de les jeter par- dessus les murailles de la ville... Dans le monastère des FlU-s de Saint-François, au nombre de cinquante, la nécessité est telle qu'elles ne mangent que du paÎQ dlierbe et d'orge, btcc des oignons. Il y a plusieurs aut^o.^ wv^w^;^-

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