Loudon, 1851. Texl& ^-y/oLu
258 PESTE EN LANGUEDOa
flammatoire. Cette épidémie, d'un caractère redoutable^ appelée /eu sacré, feu Saint-Antoine^ ergot, sévit par une grande mortalité : les basses classes, mal nourries, tombaient accablées au moindre souffle de la maladie, comme il arrive d'ordinaire ; aussi la Sologne fut-elle trèséprouvée. Le mal commençait par lassitude, faiblesse suivie de torpeur, sommeil^ membres brûlants, douleurs atroces dans les membres infé-* rieurs, qui devenaient gangrenés. Tout porte à penser que cette maladie Yenait de nourriture insuffisante. »
Les détails du Bas-Languedoc sont des plus trhtes : le mal vint par la Provence et de là pénétra dans le comtat d'Avignon et dans le Bas-Languedoc; Beaucaire, Nîmes ne purent s'en garantir. On établit pour les malades une sorte de lazaret hors des murs, près des ruines deTancien monastère de Saint-Bauzile; les supérieurs de tous les monastères vinrent offrir au consul des religieux pour soigner et exhorter les pestiférés tant dans Finfirmerie que dans la ville; les ministres protestants firenlla même proposition. Les RécoUets ayant été choisis, Robert d'Avignon, leur gardien, assembla la communauté et invita ses frères à se sacrifier : quatre d'entre eux se présentèrent; le gardien les ayant embrassés, ils allèrent aussitôt se renfermer dans les cabanes de Saint-Bauzile, y trouvèrent la mort, et furent aussitôt remplacés par des jésuites. La contagion sévissait principalement dans les Arènes, habitées par une population serrée et malheureuse; pour circonscrire le fléau, on interdit toute communication avec le reste do la ville, sous promesse de fournir à tous les besoins de ces infortunés. Le présidial sortit de Nîmes et alla s'établir à Villeneuve d'Avignon. L'épidémie dura longtemps dans le Bas-Languedoc; lorsque le présidial de Nîmes eut repris ses séances, comme on craignait que les plaideurs ne rapportassent le fléau, on décida qu'on ne recevrait pas ceux qui vien-
draîentdetOTisles liea\ viLiK rin"?':- : - ^r^ - :. . i Arles, et des Tilles situées soj . fs :•:»: ir -: : ~ y.- - :.-•..: Rhône.
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t60 RUINE DU COMMERCE.
digô, qui déjà se montrait comme un rival redoutable pour le pastel, l'emporta peu à peu, au grand détriment de la province, dont cette plante faisait la richesse.
Le commerce des draps du Languedoc fut aussi menacé sérieusement : à la faveur des troubles, les drapiers de Paris obtinrent du lieutenant civil en la prévôté de Paris le privilège exclusif de vendre les draps du Languedoc, alors très-estimés; ils firent môme saisir ceux qui élaient dans les magasins des merciers, et détruisirent ainsi la concurrence qui existait entre eux et ces derniers, qui durent à l'avenir se pourvoir d'étoffes fabriquées en Angleterre, en Hollande, en Espagne. Les drapiers, se présentant seuls sur les marchés du Languedoc, acquéraient les étoffes à vil prix. Heureusement pour Tindustrie du Languedoc, les députés de la province obtinrent la révocation de ce privilège ruineux *.
• Partout même détresse : à la fin de 1647, arrivait d'Italie à Nevers, pour établir une verrerie et une manufacture de faïéhces, à la demande des échevins de Nevérs, Jean Castellan, recommandé par la duchesse de Mantoue Anne de Gonzague. Les troubles civils empêchèrent de donner suite à ce projet avant le mois d'octobre 1656, et pendant ce temps, le pauvre Castellan fut heureux de trouver une grange que lui donna la duchesse. Ce ne fut qu'en pleine administration de Colbert, vers 1665, près de20 ans après l'arrivée de Castellan, que sa grange devint une manufacture sérieuse; si Castellan fût mort ou fût retourné en Italie, c'était une industrie perdue pour le Nivernais ^
1. Registre des délibérations des États, années 1650-55. — Histoire du Languedoc de dona de Vie et de dom Vaissette, revue par le chevalier A. du Mège; Histoire de Toulouse, par d'Aldéguier, etc.
^ Archives de Nevers, par Parmentier^ 1 84!i«
L'Anjou avait été Ttri-'j : ■:: 1- ..' :: !»'• -"■ : aupriucedeCoalêqui.p.-: r'.:.: . .:•*.:.: .! .
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La famille de Cou J-r ■: . : .: ji mais la rcronn;ji SjIj -r \ /: :. " duc d'Orl'>an> îiVjil 6u:ii:i-A^ : v- ■ : r lion depuis la morl d-? -son rivj. T*. •:,:■.:.■ . . ■ escarmouche de la preiJii'îrre Fjo:j:- : -i.uv. i i \;.' succès de h cour en Norman J je. eu B '^.'p >•: •.. :i pondit-il aux soilici'jlions pr- ssjnl-. .- -Je Le:-: ; • ].r des vcoux, C'ins jre::Ji-e le nr.'i.Jre e::;:?;;:-.:: ■ :.;.]. ..■ î vrai qu'il laissait La Ko i.cfoL('::u! J fu:]-.- tj-^e :• : :. .;■. ■ pour pénétrer en Anjou e! si./].']- -rj lie >-j;".. . : . L: ■ : ..vince avait beau-^oiip so'jfjV: î =?e i.e- ■;'.-:.!:.:- et. ; : ■. !■ :/..:j citer qu'un exemple. l:< ;i.iiy::eL:.--.-: lu r:.\-::.'[ ■.!•; l-j i"idélilé à Saumur avaieni é.é fo:.é.s ;''jr Ja ;-u j;-.- v: 10puiscment de leurs re>s..ujc..5 à s-,^ ï\\].'.r 'J;.;/r /:.; . :.;-? de Fontevrault, et, à l^-ur retour, nuMi'wiA irou^- ;j:. r.e ville en ruine, foudjo\ée par /arijjjorie de Jci ci: .J.].». «.
Le Poitou avait été égakn,enl troublé par les divc^its
i. Eugène Berper, la Fronde en Anjou, dans 'a Rei'ue de VAuj-u ei du Mnine-et-Lotre; Bodin^ Recherches hùton'ques sur Siunwr; Vte dr »// 'dame Gautron, prieure de la Fidélifé, 1CR9; sur Tunrvùïe de Rohthi, Toir un roman liiif torique de ce nom par 51. Ueiui MavU:.%
fes MISÈRE DU BERRI^
tentatives de La Rochefoucauld, qui s'était môme avancé jusqu'à Liisignan; mais le maréchal de La Meilleraye Tavail ohligc à la retraite. C'était pour la cour une conquôie importante; au centre du royaume, cette province serait devenue redoutable entre les mains de la faction. Le Berri avait aussi sa part des malheurs publics : les troupes royales s'avancèrent de tous côtés en se livrant au pillage autant par nécessité que par habitude. Le gouverneur, Saint-Aignan, avait en outre formé un régiment de trente compagnies, qui, disséminé dans les paroisses, vivait à leurs dépens; les habitants de Bourges se plaignaient en vain : le gouverneur faisait de belles promesses, mais les désordres continuaient toujours. De son côté, la garnison frondeuse de Montrond Saint-Amand multipliait ses courses dans un rayon assez éloigné, et allait môme jusqu'aux portes de Moulins, ainsi que le prouve une lettre de M. de Saint-Géran, gouverneur du Bourbonnais, auministreLetcllier*. Le Bourbonnais souffrit tellement que le souvenir en est resté dans la mémoire rancunière des paysans, qui se sont transmis la durable impression de ces souffrances par la tradition, seule histoire qu'ils connaissent encore. C'est aux dévastations des Polonais qu'on rapporte toutes les ruines qu'on rencontre dans le Bourbonnais, et dont la mention se
1. Archives du dépAt de la guerre, lettre du 14 septembre 1650. — Raynal, Histoire du Berri. Pour l'épisode des Polaques, voir le Cahinet historique de M. L. Paris, lettre de M. Meilheurat (mai et juin 18C0), et notre réponse (novembre 1860). On trouve dans le même recueil une anecdote curieuse qui fait connaître les habitudes de Saint-Géran : « Ce maréchal étant en son lit de mort fit son testament, dans lequel il ordonnait plusieurs restitutions. Une infinité de gens à qui il avait ôté le bien, ayant appris les bonnes dispositions du maréchal, vinrent le trouver pour avoir aussi leur part en ces restitutions. Mais Saint-Géran, voyant que pour restituer à tant de personnes son bien n'y i)nurrait suffire, dé- Qhlra son testament et mourut saoi^ «vûlr restitué à qui que ce soit, »
Dr BOIKDO-N'NAIS. L ".
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Un arrêté du Coijseii du IC aoûî l*?/.- L.r : 'rr l'Auvergne pleine d'aii-oîionî : de :ov.: .*.■" : : ^.- Llées illicilcsoù on em '■'.' .v:::-::l':-: t.-. — : :o-:
réprimer ces mauvaises ili^o-i.'o:.^. .: : .: ; ':'.'. lU comte de Noailles, lieuMii::: i-':.:. . •.:. .. :. .-. . de lever un régiment 'Je cjv::..;.. ..: .:. .......
comme toujours, vivront àuï '..!; -.:...; . . .
levée desquels la provinjo -J:.: !.. ;... .: . .:.. .
40,000 livres *.
Si nous nous rapprocL-iit 1: '.-. G.:-::.:.. •. ■ ?r." vence, ces deux théalros -ï uL-r ^^ . ,. : •. i . . : . . : :
1. Registre du conseil ■JÎUt L i» l'.. .'- 'i-. — / - ' " ■ '-