DU RETOUR DE CONDÊ
cr Gien, 6 ayril. •— LL. MM. n'ont pas approuvé le eoosentem»nt ouc Ton a donné que M. le prince pût venir à Paris pour 2& heures, ce. temps étant plus que suffisant pour émouvoir une sédition dans ia ville et y mettre les cboses en état qu'au lieu d'être obligé de s'en r.> tirer, il eût le pouvoir de faire sortir ceux que bon lui semblerait. C-ls ■paraît assez par le tumulte qu'ont causé les placards que l'on a affi'^liL'f et la distribution d'argent qu'on a faite à la canaille, et on peut ni>:ni^ juger de là ce que M. le prince pourrait faire y étai;t en pcrsoniT». « i jetant de l'argent en plus grande abondance. Il faut que le n:ft:»'clj:il de l'Hôpital et lo prévôt des marchands cessent tout coniiD rc-? a^ec S. A. R. et fassent prendre les armes aux bons serviteurs du rui, que le cardinal de Retz fasse prêcher et oblige ses amis à parlrr^ lu ^o. te qaf. les bourgeois connaissent la vérité de ce qui se pa^cxe... Cette crainte du peuple de Paris embarrassera fort M. le duc d'Orléans, et si, eo même tçmps on lui montre le moyen de faire son accommoJenicnt avec la cour avec réputation et sûreté, je crois qu'il en goûtera la proposition avec joie, malgré les conseils de Chavîgny qui lui fait croire que M. le prince, maître de l'armée, s'accommodera de son côté fori avantageusement avec la cour, s'il ne peut compter sur l'assistance et l'amitié de S. A. R.; mais il faut l'accord du cardinal de Retz avec M. de l'Hôpital et le prévôt pour faire le coup dans l'esprit de S. A. R... 11 ne faut pas s'endormir, car le temps presse : M. de Cliavigny avec ses adhérents gagne pays furieusement, et avec l'assistance de M. le prince, viendra à bout de tout... Il serait bon de faire afficlier des placards contre M. le prince qui disent particulièrement qu'il veut empêcher le retour du roi à Paris, et jeter les habitans dans une dernière ruine ; s'il est même nécessaire de distribuer quelque argent , je vous prie de le faire. »
Dans une autre lettre du 14 avril, Mazarin donne la substance de ces placards : c'était lancer un trait h Condé en pleine jpoitrine :
« Rien ne pent plus contribuer à la ruine de Paris qne d'y recevoir le prince, qni empêchera le roi d'y aUer et attirera la guerre à leurs portes ; qu'ils doivent considérer comme Condé a traité les Bordelais, auxquels non-seulement il a manqué à la parole qu'il leur avait donnée que la Cuienne ne serait point le théâtre de la guerre; mais lorsqu'il m vu que le comte d'Harcourt était proche de Bordeaux, il les a abandonnés, et s'en est venu pour tâcher de remettre ses affaires en rangeant de son côté Paris, qui doit attendre un pareil traiteme»