DU DUC CHARLES DE LORRAINE
râutre ne perd de vue son but, cejui-ci son duché, cellelà le trône de son fils et celui qu'elle appelait c cet autre moi-môme. » L'entente était déjà assez grande avec la cour pour que Mazarin espérât un utile concours de 1 présence de Charles contre les frondeurs; et par son or* dre, les gouverneurs des places soumises au roi l'avaient laissé entrer en Champagne vers la fin d'avril.
Les princes, de leur côté, désiraient aussi gagner Charles à leur cause, et lui envoyaient message sur message; l'intermédiaire était la sœur du duc de Lorraine, Marguerite, femme de Gaston d'Orléans, qui plus que personne souhaitait cette alliance : grâce à ce heau-frére, il espérait échapper à la lourde tutelle de Condé. Cette alliance d'ailleurs effrayait moins les scrupuleux du parti, le duc ' de Lorraine pour beaucoup ne comptant pas comme étranger.
Le duc de Lorraine était fort embarrassé de faire son choix : en s'engageant avec Anne d'Autriche, il perdait Slenay, Jametz et Ciermont, que le prince de Condé ^vait dans ses mains; si, au contraire, il obtenait des princes ces villes pour prix de son alliance, il lui fallait renoncer à la Lorraine. Ne trouvant son compte nulle part, il crut plus habile d'amuser les deux partis, espérant assez des circonstances pour s'imposer à amis et à ennemis : il s'avance jusqu'à Coucy, dont il s'empare ; puis il vient camper à sept lieues de Paris auprès de Dammartin, laissant partout des traces terribles de son passage et du plus affreux pillage, seule paye qu'il donne à ses soldats. Il faut se trouver dans la Fronde pour voir un chef d'armée dans une situation aussi singulière: . lié par un traité avec la cour d'Espague dont il reçoit des subsides, et &e taisant en même leiûç^ ^vj^\ ^'s^\\5S5.\xfe^-