‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 182 sur 316 · SE DÉCLARE POUR LA FRONDE · texte numérisé non relu

SE DÉCLARE POUR LA FRONDE

cien allié, devenu un ennemi redoutable et le irai mattre de la situation. On peut voir aux archives de Tempire cette série d ordres donnés pour remédier au mal, tous datés du 3 juin, le lendemain de rentrée de Charles à Paris, quatre sur la même page, et séparés seulement par un trait, tant on est pressé! Le ton de ces circulaires, les câlineries à la noblesse incertaine qu'on espère gagner par un étalage de grands sentiments d'honneur, et surtout par la perspeclive des dangers qu'elle court elle-mômet indiquent clairement les inquiétudes du ministre.

«Ordre à M. Desprez, baiUi et conseiller de ChAteau-Tbieny , de rassembler la noblesse des environs pour empêcher à nos ennemis les passages des rivières de Marne, Seine, Aisne, Yonne ^ et s'opposer à toutes leurs entreprises; qu'elle se tienne prête pour le premier commandement, il ne s'agit pas seulement de leur conservation, mais de celle du royaume; le roi leur sait bon gré de leur diligence et do leur affection, il espère qu'ils ne l'auront pas moindre que leurs prédécesseurs, qui autrefois ont valeureusement combattu pour la défense du pays ; persuadez-leur bien que j'ai pour eux tous et pour chacun d'eux en particulier beaucoup de bonne volonté. »

Comme cet appel du ban et de rarriére-ban est humble et presque suppliant!

Ces sentiments se retrouvent dans une lettre confidentielle à ce môme Dcsprez, et encore plus pressante. Une troisième dépêche, toujours du même jour, à M. Duplessis-Praslin, tient le môme langage au sujet de la noblesse, à laquelle on donne rendez-vous aux environs de Montereau- Cette lettre tout intime recommande à Praslin la diligence dans « cette occasion très-importante, » et dans une sorte de post-scriplum se trouve le motif véritable de la lettre, l'aveu pénible de la maladresse. « Ce matin, un avis que M. le duc de Lorraine était à Paris et qu'il fai-

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