Arch. imp. KK
DES TROUPES LORRAINES. tS7
rends rien *. » Jamais soldats ne soi virent mieux la consigne de leur chef:' de temps en temps des fourgons, remplis du butin que les bandits ont pu arracher, s'en Tont en Lorraine mettre en sûreté leurs rapines et les nombreux troupeaux qu'ils traînent derrière eux. A leur arrivée à Paris, pour se débarrasser, ils les vendent à vil prix, ou les troquent contre les plus légères frivolités. Mais où trouver ce butin dans ces villages déjà tant de fois pillés, dont les habitants sont c nus au milieu des rigueurs de rhiver, t dans ces villes qui ne comptent plus que des mendiants et des vagabonds c languissant de froid et de faim sur le pavé des rues où ils passent la nuit, » dans ces c granges publiques, > sous ces hangars où la pitié les recueille, car t les hôpitaux et les bourgeois ne peuvent les abriter tous? » Qu'arracher à , des gens qu'on voyait réduits à manger < du pain de son, des herbages, des limaçons, le sang des bœufs qu'ils faisaient cuire, des chiens, des chats, > des gens qui, à Reims, s'étouffaient lorsque les pères Minimes et les missionnaires de M.Vincent leur faisaient une maigre distribution?
c Le Lorrain insatiable, dit la Chronique champenoise, s'attaquait aux*châteaux et aux lieux de refuge; ne trouvant plus rien dans les villages, il mit le feu à Sept-Sous, à Nogent-l'Abbesse, aux faubourgs de Saint-Eloi, Lude, Saint-Baie, Saint-Thierry, les Marest, Ballieux ; tout fut généralement pillé, sans exception, sans distinction, le fermier aussi bien que le gentilhomme. Quelques-uns de ces derniers réclamaient-ils, de noble à noble, contre ce traitement qui les confondait avec le vilain, le jovial guerrier répondait cavalièrement à ces plaintes i que
1. Archive» des affaires étrangères, Mémoire de Villarceaux au cardinalj apud HaussoaviUe.