‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 195 sur 316 · S76 CHARLES DE LORRAINE · texte numérisé non relu

S76 CHARLES DE LORRAINE

pour les ouvertures de la cour, répondit aux lettres aimables qu'Anne lui envoyait sous le couvert de M. de Brég7,dans lesquelles on souhaitait que, du Luxembourg, il allât loger au Louvre, et que ce fût le roi qui fit les honneurs de sa ville à un prince qui lui était si cher» Madame de Ghevreuse intervint également, et trouva un biais : satisfaire Monsieur et les Espagnols en faisant lever le siège d'Étampes, puis se rendre agréable à la reine en ramenant les troupes lorraines en Flandre. Cette conduite équivoque devait plaire à ce prince incertain, il la suivit sans balancer.

Depuis le 25 mai, Turenne assiégeait Étampes, défendu par Tavannes, de Glinchamp et Valon. En vain le roi était venu devant la place, elle n'avait pas voulu se rendre, et môme une batterie de fauconneaux avait tiré pendant que Louis XIV reconnaissait Télat de la place, insulte que Tavannes avait déjà faite au jeune roi lors du siège de Seurre. La nouvelle de la défection de Charles, passant aux princes, soutint le courage de la place, qui ne capitula pas. Mais M. de Lorraine n'était pas un homme sur lequel on pût compter ; dès le lendemain de son arrivée, le 3 juin, il avait vu Châteauneuf* et madame de Chevrcuse, qu'il avait priée de transmettre ses excuses à la reine pour être entré publiquement à Paris, tandis qu'il n'avait que l'intenlion de venir incognito voir sa sœur et son beau-fièrc ; qu'il était prêt à aller s'entendre avec le roi pour faire des propositions de paix générale. La cour ne pouvait repousser de pareille, i avances; aussi, le 6 juin, un traité était conclu entn '

1. Voir dans d'HauPson ville la très-importante et très-curieuse lettre de Chàteauueuf à la reine, (iatée du 3 juin, à minuit, et les articles du * re ChÀteauneuf et le duc de Lotmxi^, V. VL, '^. ^%<i.

TTiAITE AVEC LA COUR.

" CliSteaunenf pour le roi et le duc do Lorraine : d'aprê ~ les conditions, l'année royale devant Étampes devait, si la ville n'était prise, serelîrer, lelOjwin, à quatre lieues de la ville , et Charles devait sortir du royaume dans les quinze jours. Le tout se passa comme on en itaîl convenu. Aussi l'èlonncment fut-il grand dans Paris lorsque, quatorze jours après l'entrée de Charles, on apprit qu'il avait abandonné la France, et qu'il s'en allait Iranquitlement, payé à la fois, comme à son arrivée, par l'Espagne et la France, et pillant encore plus qu'à son premier passage. Le jour même du départ du duc Charles, la cour prit un grand parti, qui devait aboutir à la paix, ou au moins rejeter sur ses ennemis la responsabilité delà guerre: elle répondit aux députés du Parlement que si les princes voulaient donner des garanties sérieuses de leur désarmement, de la soumission de leurs adhérents et de la rupture de leurs traités avec l'étranger, on « permettrait au cardinal de se retirer, en lui donnant un emploi éloigné, après avoir rendu justice pour la réparation de son honneur. > Ce n'était pas le compte des princes : en rendant suspectes les conditione, les exigences préalables de la cour, ils traînèrent les délibérations du Parlement; mais un retard n'était pas suft fisant pour eux. Condé organise alors une Fronde enraigée, singulier mélange de canaille et de gentilshommes, Itde vieux soldats qu'il habille en ouvriers, maçons, savetiers, tous gens de corde, habitués au sang et prêts aux plus mauvais coups. * C'est dans la même intention, dit Fleure'au dans son Histoire d'Étampes, de maintenir Pakris attaché à son parti et d'en éloigner le roi, que Condé Javait fait venir, les 22 et 23 juin, son arméed'Élampes, loù elle avait séjourné deux. mois. Pour mettre l'affaire

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