S80 COMBAT
L'Hôpital qu'on tînt les portes de la ville fermées à Tarmée de Condé.
Avant que le prince eût pu exécuter son mouvement, son arrière-garde était attaquée par Tavant-garde de Turenne à la hauteur du faubourg Saint-Antoine, près de la porte du même nom (place de la Bastille) ; heureusement pour lui, Condé trouva des barricades élevées, un mois auparavant, par les Parisiens contre les troupes pillardes du Lorrain, et les utilisa comme un camp retranché. Forcé de combattre par l'impatience et les défiances de la cour, qui était venue se poster à Charonne, Turcnne, sans artillerie et sans La Ferté, rencontra une terrible résistance; Condé se multipliait au point t de paraître mille Condé. i Le combat, à chaque instant, prenait plus d'importance; déjà six pièces de canon arrivaient à Condé et de Beaufort lui conduisait un petit renfort <le volontaires parisiens. La fatigue, par cette chaleur excessive (2 juillet), amena une sorte de trêve entre les deux armées. Pendant ce temps, La Ferté était venu rejoindre Turenne; à la reprise des hostilités, l'armée de la Fronde semblait perdue, lorsque tout à coup la porte Saint-Antoine s'ouvrit pour recevoir les débris des troupes du prince, et le canon de la Bastille, résonnant au même instant, arrêta la marche victorieuse de l'armée royale.
Ce coup de canon, que Mademoiselle avait fait tirer, f tuait son mari. » Irritée de l'inaction dans laquelle restait son père le duc d'Orléans, qui feignait d'être malade pendant que Condé le suppliait de venir à son secours, ou du moins de lui ouvrir la ville, Mademoiselle arrache enfin un ordre vague, l'autorisant à faire ce qui serait nécessaire. Munie de ce plein pouvoir, elle ob-