‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 206 sur 316 · SAUVENT LES DERNIÈRES VICTIMES · texte numérisé non relu

SAUVENT LES DERNIÈRES VICTIMES

nieura, dit le Registre de Vhôtel de ville, fort éljalii de voir le pillage et la violence des choses en Télat qu'elles étaient, ne croyant pas, comme il s'est éclairci depuis 5 quelque familier, que celle fureur populaire les dût porter si avant contre leurs magistrats, t Pour demeurer maître de la place, il fit tirer des pièces de vin de l'hôlel de ville et rouler au loin au bout de la Grùve où, tandis qoe la canaille s'enivrait, il fit sorlir ceux qu'il voulut *. Quelque temps après, arriva enfin Mademoiselle, qui était revenue une seconde fois 2, après un quart d'heure de conférence avec de BeauforI, conférence qui se passa en disipussion sur leur plus ou moins de droits au premier îrôle, à tel point qu'il fallut, dit Mailly, que ceux qui les accompagnaient leur fissent sentir l'absurdilé et le dangcrd'un pareil débat. Mademoiselle lit échapper le prévôt des marchands, qui était caché dans une chambrelte, i la condition de bailler sur-le-champ sa démission de la prévôté des marchands, ce qu'il fit volontiers, et elle « lui donna escorte et adresse pour le faire sortir avec sou frère, maître des comptes, et M. de Labarre, son fils, sans élre TU de personne. » Lorsque la canaille sut que le prévôt lui avait- échappé, quoi qu'on lui eût dit pour l'apaiser qu'il n'était plus prévôt, elle courut sur ses traces, et aurait volontiers fait violence en sa maison, si les voisins ne se

i. Dubaisson, ms. Rilb. Maz.

SU Pendant que le carrosse de Mademoiselle avançait vers l'hôtel de ▼iile^ elle lit une singulière rencontre. Un homme avançant la main sur la portière demande : « Le prince est-il là? — Non, répond mademoi- ■elle de Montpeusier. » Aussitôt Tinconnu disparaît; mais le suivant des yeux dans Tobscuiité (il était iircs de minuit), elle aperçoit h la lueur des flambeaux qui étaient devant son carrosse reluire quelque arme EDUS son braSy sans qu'elle i)ût distinguer de quelle esp;' ce. CeUe sineu'itre appariiîon, dit Mailly, lit réUéchir M.tdemoiselle et donnera aussi beaucoup à penser au lecteur.

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