S6 LETTRE DE VINCENT DE PAUL
envoie cette longue lettre dont la copie authentique se trouve aux Archives de la Mission.
il septembre 165S.
Monseigneur,
Je me donne la confiance d'écrire à V. Em. Je la suppUe de ravoir agréable, et que je lai dise que Je vois maintenant la ville de Paris rerenue de Tétat auquel elle était, et demander le roi et la reine à cor et à cris; que Je ne vas en aucun lieu et ne vois personne qui ne me tieoM le même discours. Il n y a pas Jusqu'aux Dames de la Charité^ quisoat des premières de Paris^ qui ne me disent que si LL. MM. s'approcbenti qu'elles iront un régiment de dames les recevoir en triomphe. Et seloo cela, M^, Je pense que V. Ëm. fera un acte digne de sa bonté de cosseiller au roi et à la reine de revenir prendre possession de leur ville et des cœurs de Paris. Mais pour ce qu'il y a beaucoup de choses à diie contre cela» voici les difficultés qui me semblent les plus considéraUei, et la réponse que J'y fais, et que Je supplie très-humblement V. Em. de lire et de considérer.
La première est qu'encore qu'il y ait plusieurs bonnes Ames dans Paris, et quantité do bourgeois qui soient dans le sentiment que je dii| il y en a toutefois quantité d'autres qui sont de sentiment contraire, et d'autres qui sont entre deux. A quoi je réponds. Mec, que je ne peose pas qu'il y en ait que fort peu qui soient de sentiment contraire, ao moins n'en counais-jo pas un, et que les indifférents, s'il y en a, seront emportés par la multitude et la force de ceux qui ont de la cbaiear pour cela, qui est la plupart de Paris, si ce n'est peut-être ceux qui craindraient la touche \ s'ils n'étaient rassurés par l'amnistie.
Secondement, qu'il y a sujet de craindre que la présence des chefs du parti contraire fasse revenir la journée du Palais ^ et celle de la mabon de ville 3; à quoi je réponds que l'un d'eux * sera ravi de cette occasion pour se bien remettre avec le roi, et que l'autre ^ voyant Paris remisa l'obéissance du roi, se soumettra, et de cela il n'en faut pas douter, jelo sais de bonne part.
En troisième lieu, quelques-uns pourront peut^tre dire à V. Em. qu'il