REMONTRANCE DE MOLE
nous le verrons plas tard, n'était pas dénuée de tout fondement. Ce n'est donc pas lui qui voudrait noircir le tableau, charger les couleurs; écoulons-le:
«V. M., dit-il à la reine, m'entendra exposer l'extrémité des souffrances da peuple. Chacun, selon sa condition, ressent le poids trop pesant des charges de l'État. Ces tgîx plaintives r-.-tentisscnt partout •t disent assez haut qu*après avoir payé 510 millions de plus en rinarre années, on croit avoir satisfait ce qu'on doit au prince et à la patrie... Ajouterons nous les maux qui suivent Tcxécution de ces édits? Quels ravages, quelles exactions, quelles violences! l\ ^i plus difficile, au milieu de la Francu, en cette terre qui sert d*asile à tous, de passer d'une province à Tautre ou môme de sortir de sa maison que d'entrer en pays ennemi... Encore si en payant sa part et portion de Timpôt ob était quitte et libi'ré, mais tonte la commune est solidaire, et Ton v<jit on particulier réduit à iine pri«on perpétuelle après avoir acquit'»^ sa dette personnelle... Les laboureurs seront bientôt contraints d*;:*:ar)donner leur travail, de quitter leurs familles et leurs maisons i«cur demander leur vie de porte en porte. On exerce contre eux mille vie* lences à main armée pour le payement des tailles. Ceux qui sont préposés pour les garanUr les oppriment, afin de satisfaire raviditê de gens qui seuls tirent profit des malheurs publics... Si un prompt secours n'y est pas apporté, la campagne ne sera bientôt plus qu'un d^ eert K»
La guerre, on Ta entrevu dans quelquesdnois échappés aux documents officiels, et surtout dans ce dernier, n'était pas la seule cause de toutes ces ruines, le mal avait des racines plus profondes dans l'administration; c'est là que nous allons l'étudier un instant.
!• Remoutr. de Mole; M. de Barante, ie Parlement et ia Fronde» 2. Voir lAppendice du chap. II, j . 5i5.