‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 29 sur 316 · LE PAUPÉRISME. $S · texte numérisé non relu

LE PAUPÉRISME. $S

cause du mal dans les institutions. L'organisation de Tancienne société présentait un prodigieux ensemble do fausses mesures, que l'on ne pouvait changer qu'en changeant les bases de la société elle-même : c'était la constitution du gouvernement, l'ensemble des lois qui régissaient la propriété, la production et la consommation, le système des charges qui grevaient le pays, le mode de perception, l'emploi de l'argent fourni par l'impôt, la réglementation de l'industrie, l'état des roules, des marchés, l'indiscipline des gens de guerre, étrangers pour la plupart, et ne craignant pas de fouler un peuple dont ils n'étaient pas sortis; c'était, en un mot, toute l'administration qu'il fallait, changer, modifier radicalement, et non pièce à pièce, chacun de ses rouages étant un agent actif de paupérisme.

La manière d'envisager la question du paupérisme à cette époque constituait elle-même un obstacle au remède : la misère, dans l'opinion du dix-septième siècle, est regardée comme un châtiment du pèche originel; le désir d'y toucher devient presque une impiété, une révolte orgueilleuse; dans cette croyance, on trouvait une fin de non-recevoir opposée d'avance à tout essai sérieux, qui, par ce motif, demeurait souvent frappé de stérilité. Le remède devait se rencontrer dans la charité des riches et la résignation des pauvres : celte résignation, prèchée par les uns et presque acceptée par les autres, a môme trompé un grand nombre d'historiens, qui ont douté de l'existence du paupérisme dans l'ancienne monarchie.

Si par paupérisme il faut entendre, comme le font la plupart des économistes, l'étal permanent d'une classe de citoyens qui ne subsistent que par les secours qu'ils reçoivent, quand le paupérisme a-t-il jamais été plus é""

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