‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 293 sur 316 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

SitUtitioQ des provinces avant la Froude.

Pour la description d'une peste avant la Fronde, nous renvoyons le lecteur à la savante brochure de M. Ad. V.a^en^

secrétaire du conseil d'hygiène el de salubrité pourledépl^ tement de Lot-et-Garonne, la Ville d'Agsn pendant Tépidim de 1628 à 1631 (18^2). Cette étude semble être unepiôceiatificative, retrouvée au loin, de l'intéressant et toacbaot roman, les Fiancés de Manzoni, connu surtout par le tabieaa de la pcsie de Milan de 1 628 à 1G3 1 . Ce sont les mêmes délaib sur les progrès du fléau, la dcscdadon des villes^ le désordre, l'anarchie, Timpuissancc des lois humaines et divines; Jei mauvais sujets se liguent pour travailler en plein joui, saos se gônor, se faisant corbeaux (employés des pompes funèbres) pour dévaliser plus facilement les maisons des pestiCt^rés, comme les Monatii à Milan, chez le seigneur don Rodrigo. Mais dans M. Magen, ce n'est plus l'imagination d'un romancier qui combine des elTcts, ce sont les effrayants procèsvorbaux des consuls d'Agen qui racontent, et leur laconisme est encore plus terrible que les inventions du poëte-romancicr italien.

D'aprùs une note bibliographique placée à la derniëie page, on pourrait conclure que cette peste s'étendit sur font le sud et sur le centre de l'Kurope ; on la ti'ouve à la fcisâ Messine, à Naplcs, à Milan, à Genève^ à Gônes^ à '^cence,à Rome, Â Toulouse, à Lyon, à Dijon, à Angers, à Paris, presque cuinme la tristement ciUèbre peste noire de Flwmce^ que le JJccamiron de Boccace a immortalisée.

C tle peste avait laissé un si terrible souvenir, que ce fut le sujet que choisit Puget, vingt ans plus tard, pour les basreliels de la salle du conseil de la Santé, à Marseille; il y a surtout un épisode puissamment rendu par l'auteur du Milan de Crolone, c'est celui du fossoyeur tirant un pestiféré d'une fosse, à l'aide d'un vigoureux effort qui se trahit par des muscles et des nerfs rendus avec toute la fougue et l'exactitude anatomique de Michel-Auge.

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