‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 50 sur 316 · LE PARLEMENT ENTREPREND · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT ENTREPREND

rejeter cet impôt, put compter sur toute la reconnaissance (les Parisiens.

Mais, comme il fallait de Targent, d'Emery remplaça son tarif sur les aliments par la création de nouvelles charges de maîtres des requêtes, et n'accorda le renouvellement du droit annuel perçu sur les charges héréditaires ou la Paulette ^ qu'à la condition que les titulaires renonceraient à quatre années de leurs gages; on avait, il est vrai, exempté le Parlement de celte retenue pour le disposer plus facilement à enregistrer Tédit. C'était vouloir acheter la magistrature; mais le calcul de Mazarin fut déjoué : le Parlement, sans profiter des avantages qu'on lui offrait, fit cause commune avec les autres compagnies, et le 13 mai 1648 les Cours des comptes et des aides, le grand Conseil et l'Hôtel de ville, assemblés dans la chambre de Saint-Louis^ comme sous l'égide du représentant incarne de la justice, se liaient au Parlement par un édit d'union^ déclaraient ne former qu'un seul et môme 3orps, divisé en classes toutes solidaires les unes des autres. Mazarin eut beau proclamer cet édit àVgnon attentatoire à la Majesté royale, comme il n'avait pas d'armée, et que déjà l'émeute grondait menaçante dans les bouges de la populace, au fond de l'arrière-boutique des commerçants et dans les assemblées des rentiers, il dut céder et permettre aux compagnies de s'assembler.

C'était donc là le résultat définitif de toute cette habd* leté de Mazarin : sceller l'entente entre le peuple, la bourgeoisie et le Parlement, c'est-à-dire donner par l'ai-

i. Le soixantième du prix des charges. Pour ce débat, M. Cousin « judicieusement montré, d'après les hfmières de la science moderne, que l*équit6 n'était pas tout entière du côté du. Parlement. {Madame de Lon» gucvilie pendant la Fronde,)

lA BÊFORME DE L'É-TAT.

j la magislrature une sorlo.d'apparenre léjrali

lUrrccLion, pendant iguo le Parlement qui, pour fois, se prisait en adversaire sôiieux Je la une, allait g»gner à ce cont^ict i'audacc qui lui maiw

lit d'ordinaire pour luUer contre la royauté dont il

it élé si longtemps le do;:ile instrument. Le cbaos des discussions du Parlement avec hi reine el ioiinisli-eE avait monlié qu'il n'y avait pas de prin- )es Coudamentaux en Fryuce. Après avoir u cherché, en iveillant, ronime à tâtons les lois du royaume, ou ne s trouva plus; l'on s'effara, l'on cria, l'on se les deinda.nditjnslemenlRetz, ei ciiacua conclut qu'il fal- Xea faire: c'est le rôle (jus se donna la chambre de Ùit-Louis, ta réforme de l'ÈUt.

Brouillé avec la bourgeoisie, le peuple et le Parlemcnl, azarin pouvait-il au moins compter sur la noblesse ? Les rgesscs Immenses du miiiisli'e et de la reine avaiontles gagné cet ordre au parti de la cour? Dés qu'on vit l'il n'y avait plus rien à recevoir; que pour défrayer la Me du roi il fallait mettre en gage les pierreries de la loroDiie, la désertion et l'insolence devinrent g/fnérales: ine saluait même plus Mazarin; et, comme disait 1» àae, « on tenait à honneur de lui désobéir. > Le duc lOrlèans et le vieux prince de Coudé seuls soutenaient

rare le minisire, et, pour prix de celle déférence, olite-

ient l'un le gouvernement du Languedoc, et l'autre Ini de Champagne pour son fils le duc d'Eiigliien; en- BT* la maison de Condé, déjà maîtresse des gouverneents de Champagne, Bourgogne, Bresse, Berry, etajaiit lUtorilÊ dans les maisons royales par la charge de la 'ande-iDaltrise, s'éloigna-l-elle bientôt mécontente do ce le la reine prenait à leur dêtrimcnl, disaient-ils, la

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