DEPOSITION D'UN LABOUREUR
des biens et le pillage de l'église, U plupart furent rois à rançdn, M* cuns tués par la violence du soldat et entre autres Louis Gossuin, aussi laboureur, et qui, s'ctant voulu sauver, fut tué près le village de Coovron. Et comme cette armée avait donné de la terreur par tous les endroits où elle avait passé dans le diocèse, et qu'on n'entendait parier qnc dos cruautés qu'elle avait exercées depuis la rivière d'Aisne jusqu'à celle de Serre, tout le pays étant en confusion, chacun fuyait pour trou* ver un asile et se mettre à couvert de la violence des soldats. Le dépO' sant et plusieurs autres se retirèrent au château de Goucy, et le restt des habitants tant dans la ville de Laon que de La Fèrc; en sorte qaa tout le village fut entièrement abandonné, comme aussi le boui^dè Crécy et plus de 30 villages aux environs qui furent réduits en dëserli et inhabités, tous les peuples fuyant de tous côtés en une telle extrf mité de misère que pas un n'avait le moyen d'avoir du pain pour eux et pour leurs enfants. Et la cherté du pain était si grande que pluslemi furent contraints de se retirer dans les bois et se substanter de radoei et de feuilles d'arbres, dont grande quantité mourut, et les villagesqoi auraient servi de retraite à tout le pauvre peuple se virent accablél par lu multitude dos personnes (jui y abordaient pour sauver leur W8 et qui furent nourris par aumônes. Pondant quoi, cette armée ne troO" vaut plus rien à piller ni personne contre qui les gens de guerre pnsscot exercer leurs cruautés, ils démolissaient les bâtiments, ruinaient la édifices, et en tous lieux où ils passaient, ils pillaient les'églisesctse plaisaient à traiter inliumaincmont les gens d'église. Et après un loog séjour dans le diocèse et que cette armée se fût éloignée et passé en on autre province, tous ceux qui voulaient retourner au lieu ds leurs domiciles trouvèrent que le nombre en était gfandement diminué, et que la plus grande partie était morte de misère, do chagrin et de pvt' rreté. »
La Champagne n'est pas plus heureuse que la Picardie Btle Vermandois: le C mars IGiO, rarchiduc s clant établi k Crécy et s'y faisant en général aimer par sa douceur et îes bons procédés envers les habilanls, Condé, qui craignait autant celte politique espagnole que les suites de leur entrée en France, détaclia du siège de Paris près de paire mille hommes qui s'établissent de Fismes jusqu'à Pont-5-Verd, sous les ordres du inaréLlial Du Plcssis- Prasl» ' vécurent comme clans un pays de conquûUk :