LES SOLDATS D'ERLACH
pr rtes et les fenêtres. OïTen fit un procès-verbal envoyé 'a la cour, qui n'y fit pas plus d'aUention qu'aux plaintes contre Erlach, maître depuis Reims jusqu'à Rethel et Attigny et ravageant le plat pays, t Les laboureurs s'attroupaient pour aller à la charrue en armes et en bon nombre pendant que certains d'entre eux allaient à la découverte et avertissaient la troupe par des signaux. » Les chemins étaient couverts de villageois fugitifs qui se retiraient dans les villes avec le peu qu'ils avaient pu em^ porter. Du côlé de la montagne, depuis Rilly jusqu'à Villiers-Marmery, les paysans se sauvèrent dans les bois avec leurs bestiaux, exposant leurs maisons au danger d'être brûlées, ce qui arrivait souvent. Ceux de PAinay, résolus de vendre chèrement leur vie, attaquèrent ces scélérats et en jclérent quatre par terre; dès le lende- '. main, ceux-ci revinrent en plus grand nombre, mirent le feu au village, et, comme ils apprirent que ceux qui avaient tué leurs camarades s'étaient réfugiés au cbâteâa de Sillery, ils se les firent livrer par menace de mort et d'incendie. Pendant ce temps un autre détachement tyrannisait Ay, et en vingt-cinq jours, se faisait donner onze mille livres sous le nom de fournitures. La montagne dn côté du midi n'était pas mieux traitée : les soldats y vécurent à discrétion, un maréchal des logis présidait aux exécutions militaires contre les paysans indociles.
Tel fut le sort de la province jusqu'au mois de juillet, 011 cette armée alla dans le Hainaut. On comprend qne dans de pareilles circonstances les semences de mars se firent mal, et qu'il n'y eut aucune foire dans le pays; celle de la Couture, toujours différée depuis le mercredi de Pâques jusqu'au lundi de la Pentecôte, ne put avoir Les grains augmentèrent; bientôt le seigle vab'