‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 87 sur 316 · LA PAIX DE SAINT-GERMAIN N'EST QUT*NE TRÊVE. 15S · texte numérisé non relu

LA PAIX DE SAINT-GERMAIN N'EST QUT*NE TRÊVE. 15S

geii'jralc du royaume qui faisait leur force. Le joii-ir.LMne de rcnregistremcnl de la déclaralion royale de Saint- Germain, à la fin de la séance, le Joyen des alde^ '? Normandie ne s'en était pas caché lorsqu'il sVcriait : i Souvenons-nous, messieurs, combien a é:é avan'-n'eu?!? l'Union des compagnies et qu'elle ne fini.-se pas rjvt:-.? ceîle guerre, mais $oit perpétuelle pour le bien du ?eruc" •! î roi el de la justice, pour l'avantage de la ^rown •: ».*■. '• = compagnies. » Les bourgeois, de leurcût»'-, de\ir::-^'îî Li* i vite furieux de voir que la cour ne rentrait [-3= î P;Ti= : à quoi avait servi leur modération pendjn! la ^n rir ? ks pourvoyeurs du roi n'avaient-ils pas durant le l'!rr:« même été toujours privilégiés sur le marc:>' -U: P^ii^ ? Pourquoi ne tenait-on aucun compte de I..'n.rr !V;^' «.-!=. .:.,• leurs supplications, de leurs vœux pour ia gloire H \'^ clat du règne de leur jeune souverain? Jariîdis i^^tj;!* avait-il ainsi couru au-devant de son roi * r Au? i -i ; V- tliousiasme on avait passé au dépit; le? pamphlet* • vïir".t recommencé de plus bêle, et la populace n L4riî>il ; ïï « arracher des mains des exempts rimprîmearMo;!/., .ondamné à la potence par le Par]em<.'nt. pour la pT;j, ^^1 r-| d'un des plus odieux libelles de la Fronde, la Cuitoit (rideau du lit) de la reine qui dit tout.

Trois letlres écrites par des minisîres de Lo'.i? XfV, mieux que tout ce que nous pourrions dire, ^chi:^:or,î '^ situation : les deux premières sont du ch^uc,*::]^:! ';y. >. des sceaux, Séguier, an secrétaire d'Etat mirsî^tr-'r y-, ia guerre, Letellier; la troisième est de Maz^riû Vy,-iL:ii:^,.

1. Voir le Manfiel du bm dtnyen, I6W ; la Plmnte 4** V'n '>- •" * *« roi et à la rtiue nw leur destem de t^éfoigner de Pmri* : In. f*io f '" d* Palait' Royal nur Cab$emee du roi^ etc.; Jl*rMtt, Bé^Ury/roy'*-^ d49 Moiorinadet.

156 LETTRES DE SËGUIER.

Le Dauphîné, quoique n'ayant pris aacone part aux éyénements politiques, avait fait aussi sa petite rébellion au sujel des impôts, et le Parlement de Grenoble avait enregistré de sa propre autorité une déclaration contraire à celle du roi par rapport aux étapes et autres impositions; le chancelier fait savoir à quelle résolution on s'est arrêté dans le conseil au sujet de cette affaire :

« 12 mai 1640. — Si lions étions en état de ponvoir se seirir de la puissance pour venger l*injure faite k Tautorité royale, cette violence mériterait bien un châtiment exemplaire, mais on a jugé qu'il faut mesurer le remède à la condition de Tétat de la province, et ne pas ae servir de toute la sévérité que désirerait ce crime, crainte que voulant beaucoup entreprendre, l'on excit&t une seconde émotion qui serait plus dangereuse que la première, et que révénement en serait doo* teux... C'est le seutimentde MM. du conseil, qui ont suivi la pensée de MM. des finances, qui ont cru par cette voie assurer toutes les an* très impositions de la province, qui sont augmentées du double depuis le règlement fait à Lyon, qui les avait fixées k 900,000 livres, joint qo4 les dépenses des gens de guerre reviennent cette année à 1,000,000, Je n'ose dire deux millions^ ainsi qu'on l'a avancé... »

Malgré la prudence dont on a usé, l'affaire du Danphiné a eu du retentissement : à son exemple, le Languedoc a réclamé la liberté de fixer ce qu'il croira devdr donner au roi; on craint que la Provence, la Guienne et la Normandie ne veuillent imiter cet exemple. Nouvelles et anxieuses délibérations du conseil, nouvelle lettre plus explicite du chancelier :

u 30 mai. — Si ces mouvements eussent paru avant notre paix (de Saint-Germain), ils eussent été sans remède, ce qui fait juger comlûeil il est important de conserver Paris duns l'état où il est à présent; l'on n'a pas estimé à propos de demandi^r aucun secours à la ville de Paris. La proposition serait infructueuse, et ne produirait qu'un refus qui donnerait sujet aux esprits mal affectionnés de faire beaucoup de discours ei de semer dos bruits dans le public^ que l'on aurait peine v.«« 11 y a beaucop de dispositions dans les esprits à recevoir

LETTRES DE SËGUIER. 157

COB impressions, qui feraient sans doute de très-mauvais effets, et aussi parce que les moyens de secourir le roi ne peuvent être tirés sans Tautorité du Parlement, qui prendrait occasion de s'assembler et de regagner les bonnes gr&ces du peuple, en prenant leur protection pour empêcher les impositions. 11 faut éviter cette liaison, d'autant puisqu'elle est à présent rompue et que cette compagnie a perdu sa réputation dans le public, rajouterai que ce secours que Ton demanderait ne pourrait être tiré que par autorité ou par la bonne volonté des peuples : pour le prenyor moyen, il ne se faut pas tromper, fi n'y en a point dans Paris, et il se faut contenter dVn conserver les apparences et de mé« nager son pouvoir; quant à l'amour, il est encore moindre, et si les peuples se retiennent de se soulever, c'est par la crainte de retomber dans !es misères où ils se sont vus, et non pas par respect et amour de l'administration.

«... On nous donne tous les jours avis de diverses assemblées qui se font, que je voudrais bien détruire avec autorité, si nous étions en état de cela ; mais je prévois qu'il n'y a que l'industrie qui puisse être opposée à tous ces artifices, et que nous n'avons la puissance d'agir autrement, que ce serait seulement faire voir notre faiblesse, qui produirait avec certitude un mauvais effet, je veux dire quelque remuement dans lequel l'autorité et le pouvoir de ces mauvais esprits se ferait paraître davantage, et nous aurions peu de moyens de les empêcher d'exécatcr leurs mauvais desseins; aussi, qu'il est important de conserver cette réputation dans les provinces, que la dbposition de Paris e^t bonne au service du roi... »

Les précautions extrêmes que Mazarin est obligé de prendre trois mois après, au point de songer à faire fléchir la justice humaine et la détourner des voies de l'équité, montrent que la situation n'avait pas changé et qu'il fallait toujours manier les Parisiens avec une adiesso

infinie:

a 7 août, de Gompiègne. — Ayant su que le nommé Papaut, prison* nier dans le grand Ch&telet, est sur le point d'être jugé et pcut-êtro condamné à mort pour un meurtre, comme il est d'une famille foit accréditée parmi le peuple de Paris qu'il nous serait extrêmement important de gagner en sauvant la vie à leur parent, j'ai fait trouver bon à la reine que l'on chercli&t toutes les voies possibles en justico pour cela, et en cas qu'on n'en trouvât point d'autre, elle ne pourrait pas même se défendre de savoir de vous ce qui se pourrait faire pout

158 LETTRE DE MÂZARIN.

)e sanvor. Mais comme ]e procès pourrait peut-être cependant ètiejflgé, je vous fais toujours ces lignes par avance pour vous prier, en cas qu*il soit sur le bureau, de mander au procureur du roi d*cn suspendre le jugement jusqu'à ce qu'on lui ait fait savoir les intentions de S. M. là* dessus. Enfm c'est une affaire que je remets à l'adresse de M. le chaacelier, et lui serai fort obligé s'il la peut terminer d'une manière qui fasse connaître aux parents de ce criminel le soin que j*ai pris de taover en quelque façon l'iionncur de leur famille K »

Un état de choses où il fallait à chaque instant avoir recours aux voies diplomaliques ne pouvait convenir à Thumcur impérieuse d'Anne, qui ne comprenait que les libres allures d'un pouvoir absolu. On s'explique facilement la répugnance qu'inspirait à la reine ce séjour de Paris, où elle retrouvait en face d'elle le Parlement et la bourgeoisie; aussi, sous^ prétexte de réparer quelques échecs dans le Nord, la cour se dirigea vers les frontières. De beaux succès militaires pouvaient ramener la faveur du peuple, ou du moins lui imposer un peu de respect; malheureusement Condé se retirait en Bourgogne et ne voulait pas accepter le commandement de l'armée dontla gloire aurait rétabli les affaires de Mazarin.Sur le refusdu prince, le maréchal d'Harcourt marche contre les Espagnols, qui avaient envahi nos places de Picardie et dé Champagne, les chasse d'abord facilement, saccage le Ilainaut, prend quelques places sur l'Escaut, qu'il ne peut garder, et enfin échoue complètement devant Cambra dont il est obligé de lever le siège, ce qui met fin à la

i. Nous avons envoyé une copie complète de ces trois lettres an Cth 7iité d'histoire de France, qui les a publi»5es dans la Revue dessoci^és 9 wantes (1865, ix !•', p. 195-99) ; ces lettres confidentielles, bien mieux qiio l'épisode du souper chez le restaurateur Regnard dans îe jardin d 'S Tuileries, raconté par tous les historiei s de la Frondo, ou Tlnsulte faite en ploine rue aux laquais du roi par MM. deBrissac^ Matha etFOBir.'ii'les qui ajoutaient en plaisantant: « Pour le présent, les rois irétaient pl.is ^ » nnontrent combien l'autorité royale était nulle à Paris*

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