‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 170 sur 420 · ET LES RELATIONS DE MISÈRE · texte numérisé non relu

ET LES RELATIONS DE MISÈRE

M. de Berniôres le l'ait suivre de deux poiges d'exlraiis de l'Écriture-Sainle el des Pères de l'Église, concernant le soulagement des pauvres dans les nécessités publiques. Vient ensuite, en quatre pages, une instruction de charité pratique : elle est adressée surtout aux seigneurs des villages malheureux ^ On les engage à s'entendre avec les curés : tâcher de donner de l'ouvrage aux hommes valides; pour les maladies violentes, confier les malades à la confrérie religieuse; pour ceux qui ne peuvent travailler, comme vieillards, enfants, convalescents, on donne une recette économique qui rappelle celle de la mère Angélique :

« Il faudra remplir d'eau une marmite ou chaudron contenant, bord à bord, 5 seaux, dans laquelle on mettra par morceaux environ 25 livres de pain, 7 quarterons de graisse ou de beurre, selon les jours gras ou maigres, 4 litrons de pois ou fèves avec des herbes, ou demi-boisseau de navets ou de choux, poireaux ou oignons, ou herbes potagères, et du sel pour iU sous environ. Le tout, cuit ensemble, revenant à It seaux, suffira pour cent personnes, et leur sera distribué avec une cuillère contenant une écuellée, qui est une portion, et toute celte nourriture ne reviendra qu'à 100 sous pour cent personnes ou au pins 18 deniers (1 sou 1/2) pour chacune. On peut aussi mettre dans les marmites quelques viandes, comme des entrailles de bœuf, mouton ou veau, lesquelles suppléeront à la graisse, pois et navets, et ne coûteront pas davantage. »

Le succès qu'obtinrent ces conseils charitables inspira à notre ingénieux magistrat l'idée de faire publier un livre complet sur ce sujet. Ce fut encore l'école janséniste qui s'en chargea et publia un travail inédit de son fondateur'^ : l'Aumône chrétienne et ecclésiastique , en

1. Ce sont ces leçons qu'un grand seigneur, élève de Port-Royal, le duc de Luynes, rédigea plus tard sous ce titre : Devoirs des seigneurs dans leurs terres, 1668. Voir une étude sur ce livre par M. G. Cadoudal, Messager de la charité, 22 mai 1838.

2. Il avait aussi autrefois adressé à la mère Angélique un Traité de

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