CHAPITRE XI
La misère n'est pas particulière à la Picardie et à la Champagne. — La peste sévit dans la France entière : détails sur Rouen, Dreux, Paris, le Languedoc, le comtat d'Avignon, la Provence, etc. — Beau rôle du corps médical à cette époque. — Ruine du commerce en Provence, en Languedoc, dans le Nivernais, etc. — Souffrances de l'Anjou, du Poitou, du Berri, du Bourbonnais, du Limousin, du Languedoc, de la Provence, de la Guienne. — Correspondance curieuse des dames de Paris et de Bordeaux. — Paix de Bordeaux (octobre 1650).
Les chapitres précédents, où il n'a été question que de la Picardie et de la Champagne, pourraient induire en erreur, en faisant supposer que le mal était circonscrit aux frontièi-es du nord-est, où se rencontraient à la fois les armées françaises et étrangères de lEspagne, de la Fronde et du roi : malheureusement il n'en était point ainsi. La France entière était aussi désolée que les provinces envahies : presque pai tout, à la suite des mauvaises récoltes, de la misère et du passage des armées, la peste, alors en quelque sorte endémique et permanente en France, s'était déclarée avec une violence excessive. La Normandie, exempte des maux de la guerre, fut réduite aux abois par ce fléau; déjà il avait sévi en 1647. « A Rouen plus de 17,000 personne; avaient été enlevées par suite du mauvais état des hôpilauxet du peu de logement