DÉLIVRANCE DES PRINCES
lance un arrêt de bannissement contre lui, ses parents et ses domestiques. Le conseil du roi approuve l'arrêt ; ordre est adressé au cardinal de quitter le royaume avant la fin du mois : ce délai passé, il est enjoint à tous de lui courir sus. Voyant les événements se précipiter avec une telle fureur, la reine veut s'enfuir et rejouer encore le même jeu qu'au commencement de la Fronde à Ruel et à Saint-Germain; mais, à deux reprises, Gondi, avec les milices bourgeoises, la retient prisonnière dans son palais. Mazarin, découragé, n'essaye plus de résister et court au Havre délivrer lui-même les princes; peut-être espérait-il par là arriver à la désunion des deux Frondes, ou au moins persuader à ses anciens prisonniers que c'était à lui qu'ils étaient redevables de leur délivrance, et les lier ainsi par la reconnaissance dans un premier moment de surprise. Un projet de traité entre les princes et la cour qu' nous avons trouvé dans les portefeuilles de Fontanieu donne quelque vraisemblance à celte conjecture * ; mais il perdit bientôt toute espérance devant les
1. Articles et conditions sous lesquelles le roi, par l'avis de la reine régente, sa mère, et de M. le duc d'Orléans, veut et entend que MM. les princes de Coudé, de Conti et le duc de LongueviUe soient mis en liberté hors la citadelle du Havre, où ils sont présentement détenus, et ce, sans aucun délai, et incontinent qu'ils s'y seront soumis et les auront signés :
10 MM. les princes et le duc de Longueville déclarent qu'ils n'ont fait aucune ligue, traité ni association, soit au dedans, soit au dehors du royaume, avec qui que ce soit, contre le service de Leurs Majestés, et si aucuns de leurs parents et amis en ont fait sous leurs noms, ils déclarent qu'ils les désavouent et y renoncent;
2° MM. les princes et duc promettent de bonne foi de remettre aux mains du roi, dans trois mois, la ville et citadelle de Stenay, comme aussi incontinent etsans délai de faire sortir la garnison deMouzonetceux qui commandent dans la place, et de la remettre aux mains de l'exempt et au garde qu'il plaira au roi, qui y demeurera avec douze mortepaye? seulement, lesquels seront soldés aux dépens du roi ; ledit exempt se chargera par inventaire des munitions de guerre, canons et armes qui se trouveront dans la place, lesquels le roi promet de faire rendre et re-