MISÈRE DE LA BOURGOGNE
6,000 livres ; ils n'ont de leur chef aucuns héritages, n'étant que simples fermiers de M. le président d'Esbarres et autres. Les habitants ont déclaré ne savoir signer. »
Le procès-verbal de 16'i4 d»'clarait « (rois pauvres habitants; pays brûlé, désert et inhabité. » Depuis IG36, c'est-à-dire en quinze ans, une seule maison neuve avait été construite; aucune des autres ruines n'avait été relevée! Il en était de môme dans toute la province. M. l'abbé Prunier a publié dans le Bulletin archéologique de Sens un document intitulé : « Mémoire des plaintes et doléances que font les liabilanls de la paroisse de Mnniacher (bailliage de Sens) par-devant M« Mathurin GculTion, notaire royal, des foules, surcharges de logements de guerre, tailles et autres choses qu'ils ont eus depuis dix-huit ans (16W-1651). La plainte finit ainsi :
« Tous lesquels logements des gens de guerre, paiements de grandes tailles, deniers pour les cotes d'aisés ou coqs de paroisse, cherté de sel et antres surcharges ont rendu tous les habitants contraints à quitter et abandonner leurs lieux et mendier leur pauvre vie. En sorte que la paroisse du Montacher est totalement ruinée et ne permet plus aux h:ibitants qui sont depuis en peu de nombre, supporter si peu de surchargcs qu'ils ne soient contraints à mendier leur pauvre vie comn)e ceux qui la mendient déjù. 26 mars 1651. Ont déclaré lesdits habitants ne savoir signer, à l'exception de quatre. »
Un instant le Parlement essaie aussi son intervention pour arrêter ces désordres ties gens de guerre: il envoie des conseillers dans les diverses provinces avec un arrêt (27 mai) qui rend responsables de tous ces abus les officiers, leurs biens, leurs enfants et leur postérité*; un pa-
i. Nous trouvons à Senlis le sieur Menardeau; Doujat dans l'Ile de France; Baron pour la Champagne et la Brie; Tronchet pour Orléans et e pays Chartrain ; Bitaut pour l'Anjou, la Touraine et le Maine; le comte Montanglon pour le Poitou et le Berri; Hébert pour l'Auvergne, le Bour-