‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 232 sur 420 · BALS ET FÊTES A LA COUR · texte numérisé non relu

BALS ET FÊTES A LA COUR

Commenl dire maintenant, après tous ces deuils, ces maux de toute espèce, de la nature et des hommes, ce* qu'on lit dans les Mémoires de Dubuisson-Aubenay si bien au courant des moindres particularités de la cour, ce que la Gazette de France relatait publiquemenl (il est vrai qu'elle n'était guère lue alors que par le monde officiel et qu'elle se taisait sur toutes ces misères ou n'en parlait qu'en termes généraux)? A la cour, on avait le temps, le courage de s'amuser, on trouvait de l'argent pour les plaisirs, lorsque toute la France s'épuisait en aumônes insuflisantes pour essayer de combler cet abîme béant. De février en mai, il ne se passe guère de semaine qu'il n'y ait mascarade en forme de ballet, ballet proprement dit, entie autres celui de Cassandre, 26 février 1651, où l'on trouve le nom de Molière dans la quatrième entrée; comédie, collation, musique des vingt-quatre violons pendant la collation, feu d'artifice, soit au Palais-Cardinal, au Louvre ou chez des courtisans comme le président Tubeuf. Les expéditions militaires môme n'empêchent pas les plaisirs : à Poitiers, dit la feuille, officieux rapporteur des faits et gestes du jeune monarque, « le roi continue de prendre ses divertissements au manège et au bal, comme la reine ses dévotions (1" janvier 1652). » Pendant ce temps la France était à l'agonie; un pamphlet de l'époque en vers, la France affligée, a cruellement rappelé cette conduite inqualifiable : le pays désolé expose ses malheurs k tousses chefs et voici ce que répond le roi :

« Si la France est en rteuil, qu'elle pleure et soupire; Pour moi, je veuî chasser, galanliser et rire. »

Et tous les autres font une réponse à peu près semblable.

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