CONDÉ MÉCONTENTE LA NOBLESSE
du 13 juillet. Cent dix membres s'étaient réunis, mais toujours sans présidents; on décida que la Compagnie remerciait le roi de l'éloignement de son ministre, et annonçait que les princes mettraient bas les armes dès que le cardinal serait hors de France. C'était rompre toute négociation en ordonnant au fier monarque de s'exécuter le premier : la cour, en effet, n'avait plus d'autre alternative que de subir la loi dure et hautaine de Coudé ou de laisser les événements suivre leur cours naturel jusqu'à la réaction, que tout montrait comme très-prochaine, et que la conduite du prince devait encore avancer.
Coudé ne pouvait mainlenir autour de lui cette clieiitelle militaire et aristocratique qu'en cédant de son côté à toutes ses demandes, à toutes ses exigences : le 15 juillet, au mépris d'un arrêt du Parlement qui ordonnait de n'enregistrer aucun brevet de duc et pair, tant que Mazarin serait au pouvoir, Condé exigea celte formalité pour le duc de Rohan-Cliabot, quoiqu'il n'eût été reçu à cette dignité qu'après cinq autres personnages qui attendaient encore la formule « soit montré » sur leur brevet. Cette faveur exceptionnelle, exigée du Parlement, était probablement le prix du silence que gaidail Rolian sur le crime de riiôtel de ville, crime dont le gouverneur de l'Anjou avait vainement, au lapport de Talon, essayé de détourner le prince : elle irrita toute la noblesse contre Coudé.
Le roi, après la léponse liu Parlement, avait quitté Saint-Denis pour se rendre à Pontoise : ce changement de résidence, conseillé par Turenne, qui sut ranimer la cour découragée, était une précaution militaire pour arrêter derrière l'Oise l'archiduc de Flandres et le duc de Lorraine; niais c'était surtout une rupture de négociations avec Pans. Le 18, un arrêt du conseil donnait un