‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 362 sur 420 · RAPPELLE LA FRONDE DE PARIS · texte numérisé non relu

RAPPELLE LA FRONDE DE PARIS

litre : Madame de Longueville pendant la Fronde. Refaire ce travail après un tel maître, nous n'y saurions songer : nous nous contenterons d'indiquer, au point de vue spécial qui nous occupe, quelques faits que le cadre de M. Cousin lui a fait omettre.

Un instant les affaires de la Fronde bordelaise avaient paru se rétablir lorsque le comte d'Harcourt, en vue de ses inlérèts particuliers, imitant l'aventureux voyage de Condé à travers toute la France, avait brusquement quitté l'armée qu'il commandait et le siège de Villeneuve d'Agen commencé sous ses ordres, pour chercher à s'assurer un grand établissement en Alsace. Marsin avait délivré Villeneuve, menacé Blaye, dont il se serait empai'é sans le mauvais vouloir des Espagnols, qui ne voulaient faire la conquête de la ville que pour eux (août 1652)*.

Mais bientôt des signes plus effrayants encore que le météore qui, après avoir plané au-dessus de l'Ormée-, disparut, présage de ruine, en laissant tomber des bluettes ardentes, vinrent menacer l'existence de la Fronde bor-

1. Déjà la fatigue commence cependant à se faire sentir même parmi les principaux acteurs; on trouve dans le Recueil m-tnuscrit de Conrart, t. X, bibl. de l'Arsenal, deux lettres tout à fait significatives de madame de Longueville : « 4 juillet 1652, à mademoiselle Rambouillet : depuis que vous ne vous souciez plus de moi, j'ai été quasi tous les jours exposée aux mousquetade*, et depuis les coups de poing jusqu'aux coups de canon... Je ne trouve guère au monde de chose plu? déplorable que de se voir perpétuellement au milieu des séditions. » Le 22 août, à Chapelain : «Je souhaite que la paix redonne au monde le repos dont il y a. si longtemps qu'il est privé. C'est un souhait fort désintéressé que celui que je fais là-dessus, car mille choses dont vous imaginez quelqu' sunes, m'empêchent d'espérer d'avoir part à la tranquillité publique. Mais ce n'est pas ici un chapitre à traiter par lettres, il vaut mieux vous prier de me faire avoir la huitième partie de Cijrus , qu'on me mande qui est imprimée et qu'on ne veut point débiter qu'après la paix; j'ai si peu de divertissement au lieu oii je suis, que je ne veux point perdre celui-ci. »

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