COMPTE RENDU
Grusy, Brenanville, Montigny, etc. Mais cela n'est rien parmi un si grand nombre, lequel ne peut attendre que la mort dans cet hiver, si Dieu ne touche le cœur de ceux qui les peuvent soulager.
« Conclusion. — Après cela peut-on douter de l'obligation indispensable de retrancher jusqu'au nécessaire pour empêcher la mort du pauvre? Y songe qui voudra ! Il n'y aura point de miséricorde pour celui qui ne fera point miséricorde. — S'adresser aux curés et à mesdames, etc. »
Ce découragement, ces plaintes contre l'endurcissement (les coeurs se retrouvent partout; le jour de Pâques 1654. le curé de Sainl-Sulpice déplore
« Que la charité se ralentisse, que le démon l'emporte sur Jésus- Christ, puisque les bourses de la plupart des l'iches sont ouvertes pour le luxe et la vanité et se trouvent fermées pour les pauvres, il ne faut point, dit-il, aller sur les frontières do Picardie et de Champagne pour voir la misère (jue les Relations nous ont rapportée; elle existe aussi dans les faubourgs de Paris. On a vu dans les quartiers éloignés comme du Chasse-Midi (du Cherche-Midi actuel) ou des Incurables, enlever des voiries la chair des animaux pour nourrir des ventres affamés, d'autres se servir de son détrempé en eau de morue dont ils ont vécu assez longtemps, des enfants languir auprès des mamelles sèches de leurs pauvres mères mourantes; des filles dans le dernier péril, de perdre, faute de pain, ou l'honneur ou la vie ; des pauvres passer la rigueur du froid sans habits et sans feu, couciiés sur la terre, ou sous un peu de fumier dans des caves ou des greniers découverts 1. »
Suit un compte rendu des sommes données par les lidèles :
De Pâques 1631 à Pâques 165:2 13,342 liv. 6 sous.
De lû5â à 1653 10,359 13
De 1653 à 1G54 8,156 1
Total des trois années 31,858 00
Nous voudrions pouvoir donner ici l'emploi de ces
1. liecueil Thoisy, Mat. ecclésiast., t. XXXII, 3^ série, p. 186. Bibl. irap.