‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 386 sur 420 · L\ MISÈRE FRAPPE LES CLASSES MOYENNES · texte numérisé non relu

L\ MISÈRE FRAPPE LES CLASSES MOYENNES

années a fait mourir, jointe à l'abondance des blés de l'année passée, les a mis à leur aise : car y en ayant peu, on a grand'pcine à en trouver pour les ouvrages nécessaires de la campagne et de même des artisans; de sorte qu'il les faut payer au double, et ils gagnent en un jour de quoi vivre une semaine. Mais les pauvres sont à cette heure les petits gentilshommes de la campagne, dont les maisons ont été pillées et ruinées, et les laboureurs qui, outre qu'ils ont couru la môme fortune, sont ruinés par les tailles ; de sorte que plusieurs sont contraints de tout abandonner. Il y a aussi beaucoup de pauvres veuves qui sont chargées d'enfants. De votre argent (8,000 livres envoyées le 11 mars), nous avons aidé à faire subsister quelques hommes, nous avons mis de pauvres demoiselles en pension chez des Ursulines, et de pauvres enfants orphelins en métier. Le principal des aumônes de Votre Majesté va à de pauvres religieuses que les guerres ont réduites en très-grandes nécessités, et quelques-unes nous ont encore écrit de Metz, de Beaune, de Mâcon ; il y a aussi des Capucines, des Pilles de l'Ave Maria, des Filles pénitentes et celles de Liesse qui, quoique dans Paris, ne laissent pas de souffrir, le luxe resserrant tout le uionde. De plus, les taxes et les impôts qui se multiplient tous les jours ruinent quaniité de monde. Mais l'abondance que Dieu nous a donnée l'an passée et celle qu'il nous promet celle-ci fera que l'on secourra plus de personnes, au moins pour la nourriture ; car les vêtements sont très-chers.

« 28 mai 1655. — L'aumône de Votre Majesté est arrivée il y a trois jours... Il y a parmi les personnes à secourir quatre familles, trois desquelles, qui sont nobles, se trouvent réduites à une très-grande extrémité, et une personne de condition qui sert Dieu dans l'égli.-e, et qui serait tombée dans une confusion extrême sans le secours de Votre Majesté, et puis nos pauvres religieuses... »

Une étude rapide des ordonnances de police de celle époque confirme celte singularité économique, et donne de curieux détails sur notre industrie. Nous ne pouvons que l'effleurer.

« Le 6 aolit 1653. Ordre de police qui, attendu la rareté de^ gens de journée causée par la grande mortalité, rareté dont le résultat est de tripler ou quadrupler la cherté de la main-d'œuvre, enjoint aux mendiants valides et autres personnes sans condition, femmes ou filles, d'aller travailler dans la campagne à la récolte des grains et aux vendanges, et leur défend de rentrer à Paris avant la Toussaint, à peine de prison et de punition corporelle. »

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