CHAPITRE XIX
La Fronde ne finit pas avec le retour du roi ni avec la prise de Bordeaux ; elle se prolonge longtemps. — L'adulation publique pour Louis XIV a trompé les historiens et la postérité. — Moralité déplorable de cette époque. — Nécessité de promener les Grands Jours dans toute la France dès les premières années de Colbert. — Les désordres de gens de guerre, même à Paris, continuent jusqu'à la paix des Pyrénées.
— Lassitude des contemporains. — Nouvelles à la main tirées des archives anglaises. — La misère persiste dans les provinces. — Les Relations, interrompues deux fois, sont reprises et cessent par l'endurcissement général des cœurs en décembre 1653. — Compte rendu de la paroisse Saint-Sulpice; elle a déjà établi Yassistance judiciaire gratuite. — Paris, épuisé ou endurci, ne peut plus rien pour les provinces. — Correspondance de saint Vincent de Paul. — La mère Angélique nous apprend que les plus malheureux appartiennent aux classes moyennes; la mortalité générale et la nécessité ont donné des travaux assez bien rétribués aux artisans. — L'industrie cherche un instant à sortir de sa torpeur; statuts de corporations, maîtrises, établissements de fabriques, etc. — La misère vient de nouveau tout
anéantir. — Inondations épouvantables de 1658; mauvaises années en 1659 et 1660. — Budget des hôpitaux. — Assistance publique de l'Etat. — Une nouvelle publicité charitable; mais cette fois elle ne porte plus le nom de Relations, et se déguise sous toutes sortes de titres. — Vincent est toujours l'âme de ces œuvres. — Sa mort. — Légende du bonhomme Misère. - 486