‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 46 sur 420 · ORGANISATION · texte numérisé non relu

ORGANISATION

gnes un peuple de uiendianls qui « vivaient de l'aumône comme des revenus d'une prébende. » De là, pour l'agriculture, cette torpeur, cette immobilité inféconde que des chiffres vont faire comprendre dans leur triste réalité.

Nous avons trouvé, dans une des estimables Revues de province {Rev. archéol. de Sens, VI, 150 à 191), qui ne'sontpas assez consultées, un travail curieux et important : c'est le revenu comparé de dix ans en dix ans de la propriété foncière depuis le seizième siècle. Pour résoudre ce problème, il fallait trouver des biens qui n'eussent pas subi les partages, les aliénations, les mutations ordinaires de la propriété. M. Lallier, président du Iribunal civil de Sens, a étudié les baux authentiques des biens immeubles que possédait rHôtel-Dieu de sa ville, et en a suivi les fluctuations sur six domaines différents.

10 Métairie de Villeroy à 8 kilomètres de Sens;

20 Le pré Saint-Sauveur, de 3 liect. 33 au f^ de Paris, près de Sens;

30 Un labourage de 8 hect. 80 à Gron ;

40 Autre labourage de 8 hect. sur les deux Malay;

50 Un troisième de 17 hect. 72 à Sergines;

60 Un quatrième de 17 hect. à Fontaine-Fourclie (Seiue-et-Marne).

Voici les conclu-^ions que lui a fournies cette étude, faite avec le plus grand soin, des revenus de ces six propriétés, en tenant compte, autant que possible, de la valeur relative des monnaies aux différentes époques :

« Le seizième siècle fut une période de prospérité croissante et de progrès agricole très-marqué; le dix-septième, une période d'inertie au sein de la décadence; à la fin du dix-huitième siècle et au dix-neuvième on sent une lente résurrection qui, insensiblement, nous a ramenés un peu au-dessus de ce que nous étions dans la première moitié du seizième siècle ! »

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