‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 71 sur 420 · JOURNEE · texte numérisé non relu

JOURNEE

lait passe laisser dépoailler de sa prérogative la plus précieuse, le droit de priver arbitrairement les citoyens de leur liberté. L'opinion publique répondit par une révolution à cet acte de violence. Un écrit de l'époque caractérise bien l'impression générale : « L'emprisonnement de deux conseillers en un jour dédié à la joie publique et à louer Dieu du succès qu'il lui avait plu donner à nos armes, difformité étrange, pour ne pas dire impiété sacrilège, d'avoir mêlé un tel deuil dans une si sainte réjouissance. »

La journée des Barricades a été racontée par madame deMotteville, le cardinal de Retz et le président 3Iolé : ces récits sont connus; mais peut-être par leur position môme ces écrivains n'ont-ils pu bien voir la physionomie de la ville ? Nous avons trouvé à la bibliolhèque impériale un manuscrit inédit qui semble émaner d'un témoin beaucoup plus désintéressé que les précédents, le sieur Jacques Dubois, se donnant les titres de « gentilhomme champenois, maître es arts en l'université de Cologne, secrétaire interprète du Roi Três-Chrétien et professeur de langue française, de la germanique et de l'italienne. » La collection des Mémoires de Michaud et Poujoulat renferme déjà de lui un journal sur les derniers jours de Louis XIII, où il s'est qualifié de gentilhomme de la chambre *. Son récit des barricades est, par les détails, le

l. Nous avons envoyé ce récit de Dubois au Comité d'histoire près le ministère de l'instruction publique pour être inséré dans la Revue des sociétés savantes. Il y a encore un autre récit plus curieux peut-être, c'est celui de la Gazette de France. Voici ce que Renaudot écrivait le 29 août, trois jours après l'événement : « La rumeur qui survint ici le 26 n'ayant été guère plustôt émue qu'apaisée, je ne puis en dire autre chose, sinon qu'elle a semblé n'être arrivée que pour faire continuellement et plus que jamais crier Vive le roi, en témoignage de la fidélité et affection des peuples envers S. M., » n° 132. Le 2 janvier 1649, la Gazette

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