DE LA SOCIÉTÉ
liste, trouve pour interprèle le pinceau de Murillo, le peintre aux extases, de même que Velasquez traduit ses sentiments monarcliiques; ne sont-ce pas les artistes qui conviennent à un royaume dont le souverain réside à l'Escurial? La Hollande fournit une preuve plus frappante encore de l'importance du milieu social : lorsque les Pays-Bas ont brisé avec l'Espagne, une école nouvelle apparaît, l'école hollandaise, si distincte de l'école Uamande qui cependant lui a donné naissance; là, lamour de la patrie, du sol reconquis, le sentiment du foyer, dominent tous les autres et transforment les genres. C'est désormais une peinture qui convient seulement à des protestants, à des républicains économes : plus de grands tableaux, de tableaux d'église, mais des toiles de chevalet qui représentent des scènes de mœurs, des poi-traits ou intérieurs de famille, la peinture maritime, une école de paysage avec ses vertes prairies émaillèes de bestiaux. Il suffit de nommer Ostade, Metzu, Potier, Ruysdaël, Van der Helsl, le peintre du Grand banquet de la paix de Munster, et, au-dessus de tous, Rembrandt avec sa Ronde de nuit, ses Syndics de l'ancien Staalhof. Son génie ne rappelle-t-il pas ce ciel brumeux qu'un chaud rayon de soleil perce en répandant la gaieté et la vie sur tout ce qu'il éclaire*?
Si nous examinons la part qui revient à la France dans les productions de l'intelligence, il ne nous est pas difficile de reconnaître que les œuvres des artistes français furent aussi l'expression de la société de leur temps. Ainsi Cousin, Goujon, Pilon, donnent une idée exacte de cette cour élégante, mythologique et païenne des Valois. L'art
1. Vitet, Revue de.'i Deux-Mondes, 15 avril 1861. VArt hollandais.