‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 135 sur 503 · G8 ROLE DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

G8 ROLE DE LA NOBLESSE

(le Westphalie, elle avait été accueillie avec transport comme nouvelle épouse du gouverneur.

Des défections cependant se manifestent dès les premiers jours : le duc de Lorraine, par exemple, montre une grande joie de cette arrestation dans la lettre qu'il écrit à madame de Chevreuse, son intermédiaire avec la cour: « Jamais nouvelle ne put être plus agréable... cette arrestation va apporter une suite de bien et de repos à tout le monde. » Cette joie, il est vrai, n'était pas tout à fait désintéressée: Charles espérait, à la faveur de cet emprisonnement, reprendre plus facilement les villes données à Condé et peut-être môme ses anciens États, s'il avait occasion de rendre des services signalés à la reine et à son ministre. Les Richelieu , à cause desquels les princes avaient été arrêtés, ne se montrèrent pas fidèles. La cour, comprenant l'importance de la position du Havre, avait envoyé immédiatement le marquis de Thermes, ancien ami de la maison de Richelieu, qui sut faire comprendre au jeune duc qu'il n'était qu'un instrument dans la main d'un prince ambitieux et turbulent, duquel son intérêt et son devoir devaient l'éloigner. En introduisant Condé dans la place, de gouverneur il devenait lieutenant; fidèle, au contraire, il rentrait en grâce avec sa tante, faisait reconnaître son mariage par le roi et obtenait pour la veuve de Pons le rang et les honneurs de duchesse*. Aussi, lorsque madame de Longueville, chassée de Rouen, se présente en suppliante au Havre, trouve-t-elle les portes fermées, sous prétexte

I. Voir au sujet de toute cette curieuse affaire une correspondance inédite que nous avons trouvée aux Arcliives impériales, KK, 1083^ fo 178 à 183. Nous regrettons de ne pouvoir la douner ici à cause de son étendue; elle doit puraitru dans la Hcvue des aocictés savantes.

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