‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 22 sur 503 · BOURGOGNE · texte numérisé non relu

BOURGOGNE

peut dans les plaines. Il fallait nourrir ces protecteurs ; le pays s'y épuisa. Au printemps, arrive encore pour les opérations de la campagne une grande armée que Richelieu a confiée à un des membres de son église militante^ le cardinal de La Valette. Vers la fin de juin cette armée s'ébranlant, se jeta enfin sur le Hainaut, où elle prit Le Cateau-Cambrésis, Landrecies, Maubeuge; mais en septembre elle reparaît dans l'Ile-de-France, et après un siège de trois semaines reprend La Capelle.

Pour sauver cette frontière qui couvrait Paris, Richelieu, rappelant le prince de Condé du siège de Dôle, en dégarnit une autre, la Bourgogne; s'il arrêtait au nord la marche de Jean de Werth, il favorisait à l'est celle du duc de Lorraine *, qui entre directement dans le duché, et celle de Gallas, le successeur de Tilly, qui fait sa percée par la Franche-Comté. Si ces deux chefs eussent su combiner leur double invasion, la province était perdue; et le danger, évité en Picardie, renaissait par la Bourgogne.

f La ruine des villages et des villes, disent les chroniqueurs, signalait la route des armées de l'empire, » dont un des corps chemina le long des rives du Doubs, de la Vingeanne et de la Saône, tandis que l'autre se dirigeait vers la Bresse châlonnaise. Tout est emporté presque sans combat, et noyé dans des flots de sang ou consumé parles flammes; Verdun les arrêta seule un instant au confluent de la Saône et du Doubs; attaquée par trois corps, elle ouvre ses portes après une héroïque résistance. Les Impériaux y restent dix jours et sont rappelés par Gallas, qu'effraye une inondation soudaine, produite par

1. Charles de Lorraine disait « que les Français lui avaient ôté son Mai nom, mais qu'il se rebaptiserait dans leur sang. » 11 ne tint que trop biciiiiarole.F(uget,//j5/. ma, de C /taries IV, citée par M. d'Haussonville.

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