DES DEUX FRONDES
Ce fut le sigQal et le prétexte de la rupture cuire les inciens alliés et l'occasion de la réconciliation des deux frondes. Conti devait en payer les frais en épousant l'anîienne maîtresse du Coadjuteur, mademoiselle de Che* Teuse. Gaston enjoint aux maréchaux de France, aux )révôts, aux échevins et aux chefs de la garde bourgeoise, e n'obéir qu'à lui, en vertu de sa charge de lieutenant ônéral du royaume. La cour est bientôt déserte : une empète furieuse éclate dans le Parlement lorsqu'on y apprend le langage de Mazarin; la noblesse, et même le ergé, tous réunis à Paris pour son assemblée quinquenale, suivent leurs deux chefs, le duc d'Orléans et le loadjuteur, aux Cordeliers et aux Augustins. Le Parlement, toutes chambres assemblées, rend un arrêt par îquel il demande la liberté des princes, ordonne de n'oéir qu'au lieutenant-général, ce qui était anéantir do kit la régence, et prie la reine de renvoyer le cardinal. .e peuple, de son côté, dans une violente émeute, meace la vie de Mazarin. Anne, furieuse, entoure de sol* ats le Palais-Uoyal, déclare qu'elle ne commettra pas la même faute qu'avait faite le roi d'Angleterre, en bandonnant son ministre à la rage publique. » Aba- Durdi de tant de coups soudains, Mazarin se mit de côlô our laisser passer la tempête, quitta Paris le 6 février 6ol, et se rendit à Saint-Germain, où il devait attendre i reine, si elle ne réussissait pas à tout conjurer. A la nouvelle de la fuite de son ennemi, le Parlement
? Parlement et la Fronde. — Ce discours s'élevait à la hauteur d'uii rènement important; Mole forçait la maia à la reine et la mettait dan» impossibilité de refuser la liberté des princes. Mazarin et la cour délient renoncer à tout espoir de négociation : c'était une amnistie pleine, aière, une délivrance immédiate, sans conditiou?, qui devait suivre ca nga-e.
a70 DELIVRANCE DES PIUNCES
lance un arrôt de bannissement contre lui, ses parenls et ses domestiques. Le conseil du roi approuve l'arrôt; ordre est adressé au cardinal de quitter le royaume avant la fin du mois : ce délai passé, il est enjoint à tous de lui courir sus. Voyant les événements se précipiter avec une telle fureur, la reine veut s'enfuir et rejouer encore le môme jeu qu'au commencement de la Fronde à Ruel et à Saint-Germain; mais, à deux reprises, Gondi, avec les milices bourgeoises, la retient prisonnière dans son palais. Mazarin, découragé, n'essaye plus de résister et court au Havre délivrer lui-même les princes; peut-être espérait-il par là arriver à la désunion des deux Frondes, ou au moins persuader à ses anciens prisonniers que c'était à lui qu'ils étaient redevables de leur délivrance, et les lier ainsi par la reconnaissance dans un premier mo* ment de surprise. Un projet de traité entre les princes et la cour que nous avons trouvé dans les portefeuilles de Fontanieu donne quelque vraisemblance à cette conjecture * ; mais il perdit bientôt toute espérance devant les
1. Articles et conditions sous lesquelles le roi, par l'avis de la rein^. régente, sa mère, et de M. le duc d'Orléans, veut et entend que MM. le-; princes de Condé, de Conti et le duc de Longueville soient mis en liberté hors la citadelle du Havrç, où ils sont présentement détenus, et ce, sans aucun délai, et incontinent qu'ils s'y seront soumis et les auront signés :
l» MM. les princes et le duc de Longueville déclarent qu'ils n'ont fait aucune ligue, traité ni association, soit au dedans, soit au dehors du royaume, avec qui que ce soit, contre le service de Leurs Majestés, et si aucuns de leurs parents et amis en ont fait sous leur» noms, ils déclarent qu'ils les désavouent et y renoncent;
20 MM. les princes et duc promettent de bonne foi de remettre aux mains du roi, dans trois mois, la ville et citadelle de Stenay, comme aussi incontinent etsans délai de faire sortir la garnison deMouzonet ceuï qui commandent dans la place, et de la remettre aux mains de l'exempt et au garde qu'il plaira au roi, qui y demeurera avec douze mortepayes seulement, lesquels seront soldés aux dépens du roi ; ledit exempt sa chargera par inventaire des munitions de guerre, canons et armes qui se trouveront dans la place, lesquels le roi promet do faire rendre cl ra-